Logement : sortir du piège du malthusianisme

Introduction

La politique du logement fait en France l’objet de débats récurrents et légitimes, qui portent principalement sur la nature des interventions publiques (aide à la pierre ou à la personne), leur objet (neuf ou locatif ; logement social), leur efficacité ou leur coût. Mais l’opportunité même de soutenir le logement et la construction apparait en général comme une évidence à la plupart des intervenants.

Or, les derniers débats et arbitrages relatifs au soutien public au logement montrent qu’une thèse nouvelle s’est développée au sein de l’administration, qui ne manque pas de relais dans la société civile et le monde politique.On en trouve une explicitation précise dans plusieurs documents récents de la Direction Générale du Trésor, curieusement passés inaperçus dans le débat public. 

Selon cette thèse, la France disposerait déjà de suffisamment de logements pour satisfaire les besoins des Français (36 millions de logements pour 29 millions de ménages) – et ce y compris dans les zones dites tendues. L’argument principal est que le taux moyen d’occupation des logements est en décrue sur l’ensemble du territoire. Le moment serait donc venu de limiter la politique d’aide à la construction neuve, au profit d’une politique de soutien à la rénovation, principalement énergétique, venant compléter les programmes de réhabilitation des centres villes.

Le débat n’est pas théorique, bien au contraire :à la lecture du plan de relance substantiel annoncé par le gouvernement (100 milliards d’euros sur 3 ans), on ne peut qu’être frappé de constater qu’il est centré non sur la relance du logement neuf mais sur : (i) l’aide à la rénovation énergétique des bâtiments privés (Ma Prime Renov’ pour 2mds€) ; (ii) la rénovation des bâtiments publics (4mds€ dont 300m€ délégués aux régions) et du parc social (500m€). 

Cette vision s’impose également chez nombre de responsables locaux de sensibilité écologiste, dont les programmes comportent des engagements de « dédensification » en matière d’urbanisme (Bordeaux, Strasbourg, etc.) – ce qui, aux bornes d’une ville, signifie le choix d’une réduction délibérée des programmes de logements neufs, qu’ils soient privés ou sociaux. Construisons moins, disent les élus écologistes… en tous cas « not in my backyard », ajoutent leurs électeurs.

Que le Trésor produise la théorie de ses économies budgétaires possibles est compréhensible. Mais le plus intéressant est de comprendre les équilibres politiques et sociaux qui ont conduit à ce que le ralentissement délibéré de la construction de logements puisse devenir l’élément d’un programme politique presque consensuel

Comment expliquer un tel changement ?

Depuis trente ans, le marché de l’immobilier se caractérise par une inflation spectaculaire des valeurs de marché, essentiellement concentrée sur les villes centres. Cette hausse des prix est bien connue, ainsi que ses effets sur la concentration du patrimoine, les transferts entre générations et la difficulté d’accès au logement – et a fortiori à la propriété – des nouveaux entrants ne bénéficiant pas de la grâce de l’héritage. 

Trois principaux moteurs la nourrissent : 

  • la baisse continue des taux d’intérêt, qui accroît mécaniquement la valeur de tous les actifs de rente et compense l’effet des hausses de prix sur la solvabilité des accédants ;
  • l’arrivée des générations nombreuses du baby boom à l’âge d’accéder à la propriété ou de s’agrandir ;
  • la « métropolisation », qui concentre les emplois et la valeur d’une société d’innovation et de services sur quelques grandes agglomérations – rappelons que l’immobilier a baissé en euros courants sur les douze dernières années hors des vingt-cinq principales agglomérations françaises.

Le rappel de ces trois moteurs est important, car il permet de se rendre compte qu’ils sont arrivés à bout de souffle : les taux d’intérêt ne peuvent plus baisser, puisqu’ils sont déjà proches de zéro ; les générations du baby boom vont bientôt quitter leur domicile pour les maisons de retraite, devenant ainsi vendeuses nettes d’immobilier ; quant à la métropolisation, il n’est plus certain, aux lendemains de l’épidémie et compte tenu de nos nouvelles habitudes de télétravail et de nos équipements en fibre et 5G, qu’elle soutienne à elle seule un écart croissant de rentes foncières entre les villes centre et les périphéries. 

Le marché de l’immobilier ne paraît donc plus pouvoir compter sur des plus-values mécaniques, ce qui constituerait un changement de paradigme pour tout le monde : pour les propriétaires, qui devront compter sur la valeur d’usage ou le rendement courant plutôt que sur la plus-value finale ; pour les constructeurs, qui devront devenir plus industriels pour construire moins cher ; pour les foncières privées et les bailleurs sociaux, qui devront constituer de grands opérateurs efficaces pour gérer à moindre coût les locataires et les travaux d’entretien ; pour les intermédiaires, qui ne pourront plus prélever des rentes excessives que leurs clients n’acceptent que parce qu’ils espèrent des plus-values confortables.

Tout cela augure de mutations douloureuses. 

Comme toujours à l’aube d’une telle transformation, il faut attendre des joueurs en place qu’ils cherchent une organisation politique et sociale qui préserve l’économie de rente. 

Quelle meilleure manière d’y arriver que d’arrêter de construire ? Limiter l’offre, c’est assurer aux propriétaires en place que les prix ne baisseront pas. C’est leur éviter, de même qu’aux locataires, de nouvelles promiscuités qui peuvent les inquiéter. C’est dispenser les bailleurs, privées ou sociaux, de cet effort de réorganisation et d’optimisation que leur imposerait un marché équilibré. C’est permettre aux notaires et aux villes de continuer à vivre de transactions inflatées et à une multitude de vendeurs d’immobiliers ou de produits fiscaux de modéliser des plus-values confortables pour convaincre les acheteurs. Bref, à part les constructeurs, l’arrêt de la construction est un moindre mal beaucoup d’acteurs. 

Pour autant, il nous semble que ce n’est pas l’intérêt collectif du pays.

Notre conviction est que cette vision, que nous qualifierons de « malthusienne »,ignore très largement que le logement reste : 

  • un secteur créateur d’emplois et de richesses économiques dans un pays qui en aura bien besoin en sortie de crise ;
  • le principal moteur de l’épargne et de l’investissement privé ;
  • la principale composante des inégalités de conditions de vie, a fortiori dans le contexte né de la crise sanitaire. 

Parce qu’elle sous-estime la réalité des besoins, tant quantitatifs que qualitatifs, la vision malthusienne du logement en France est susceptible de poser plusieurs difficultés majeures d’ordre économique aussi bien que social dans les toutes prochaines années. Il est possible et urgent de corriger cette vision.

Intégralité de la note à consulter ici :

Plaidoyer pour la « bonne relance »

Les mesures d’urgence économique prises au printemps dernier ont créé une ligne de défense efficace, en « gelant » temporairement l’économie tout en préservant le revenu disponible des ménages grâce au chômage partiel, au fonds de solidarité et aux prêts garantis par l’Etat.

En dépit du pessimisme ambiant, les premiers résultats sont là. Si le PIB a baissé de 19 % en France au premier semestre, contre 15 % en zone euro et 12 % en Allemagne, l’activité a fortement repris depuis la sortie du confinement (- 7 % en juillet, contre – 30 % en avril), sous l’effet du rebond de la consommation, qui a aujourd’hui dépassé son niveau d’avant-crise. Un tel retournement n’a qu’un seul précédent historique, celui du troisième trimestre de 1968. Alors que le Gouvernement tablait au début de l’été sur un recul de 11 % du PIB en 2020, les instituts de conjoncture anticipent désormais une baisse de l’ordre de 9 %.

Mais poursuivre dans cette voie défensive ne serait ni soutenable, ni souhaitable. 

La France ne peut se permettre de geler durablement son tissu productif, alors qu’elle a abordé cette crise lourdement endettée et structurellement en déficit, sur le plan budgétaire comme commercial. Rappelons que le Gouvernement s’attend désormais en 2020 à un déficit public de 11,5 % du PIB qui porterait la dette à plus de 120 % du PIB.

Ce serait par ailleurs inefficace économiquement, tant cette crise paraît de nature à accélérer les transformations des modes de consommation, de l’organisation du travail et des équilibres productifs. Si dix ans ont été nécessaires pour porter la part du commerce électronique de produits alimentaires aux Etats-Unis de 6 à 16 %, trois mois ont suffi pour atteindre 26 %. 

La crise entraînera dès lors nécessairement des réallocations qu’il s’agira d’accompagner et non de bloquer : le chiffre de 50 000 salariés touchés par les plans sociaux depuis le début du confinement doit ainsi être mis en regard des 10 000 emplois que l’économie française détruit et crée chaque jour en moyenne.

Le temps de l’offensive par la relance est donc venu. L’objectif, comme nous l’indiquions dès avril, doit être de retrouver en 2022 le PIB de 2019. 

Priorité aux jeunes et à l’investissement 

Churchill disait qu’il fallait voir l’opportunité dans chaque difficulté. Nous y sommes. La contrainte économique nous oblige à être efficace ; la contrainte financière à être sélectif ; la contrainte environnementale à verdir la croissance ; la contrainte technologique à investir dans la numérisation. 

Cette crise, en amplifiant tout par un effet de loupe, met en valeur les forces et les faiblesses de chacun. 

L’Allemagne a pu dépenser sans compter, grâce à un effort de maîtrise de la dépense publique qui lui avait permis de ramener son endettement à 60 % du PIB en 2019, contre 98 % en France.

Si notre pays a su préserver le pouvoir d’achat de l’essentiel des ménages, la situation des jeunes et des indépendants, traditionnellement mal protégés par notre modèle social, apparaît préoccupante. La dégradation du marché du travail au deuxième trimestre a d’abord concerné les jeunes, dont le taux d’emploi a connu une chute sans précédent (- 2,9 pts, à 26,6 %).

Sur le plan productif, si la consommation a fortement rebondi, ce sont les secteurs les plus riches en importations qui en ont été les principaux bénéficiaires. Le commerce extérieur, qui a amputé la croissance de 2,3 points au deuxième trimestre, demeure une source de fragilité. 

A cet égard, le plan de relance doit être l’occasion de remédier à certaines faiblesses des premiers plans de soutien.

Les entreprises ont été moins protégées que les ménages : elles conservent à leur bilan une part substantielle des pertes liées au confinement (24 % selon la Banque de France, 33 % selon l’OFCE). Cela a renforcé leur tendance naturelle à surréagir défensivement en période de crise, en suspendant l’embauche des jeunes et en gelant les investissements. 

Si  le soutien aux entreprises a été moins important, ses modalités ont en outre été marquées par une « préférence pour la dette », via les prêts garantis par l’Etat, au détriment des fonds propres, alors que les leviers sont déjà importants. Il est désormais indispensable de rééquilibrer les bilans, comme nous l’appelions de nos vœux dès le mois d’avril.

A cela s’est ajouté l’inquiétude des dirigeants de PME et ETI face aux risques juridiques, aux problèmes de continuité de certains services publics, aux tentatives d’instrumentalisation du risque sanitaire par certains syndicats et aux contradictions du discours public sur les masques et les tests, qui ont également contribué à la démoralisation nuisible à l’investissement.

En l’état, la crise risque ainsi d’accélérer le déclassement de notre appareil productif : sur l’ensemble de l’année 2020, l’investissement devrait chuter deux fois plus fortement que le PIB (- 20 %) d’après la Banque de France et l’OCDE. L’économie française ne pourra pourtant pas se permettre d’attendre six ans pour que l’investissement industriel retrouve son niveau initial, comme ce fût le cas après la crise financière de 2008.

Ces constats indiquent clairement deux priorités pour la relance : l’emploi des jeunes et l’investissement productif. Car c’est bien des entreprises que viendront les réponses aux questions de l’emploi, de la croissance – a fortiori dans sa composante verte – et du financement des transferts sociaux.

Bon et mauvais plan de relance 

Comme l’a dit Mario Draghi, « La dette créée par la pandémie est sans précédent et devra être remboursée, principalement par les jeunes d’aujourd’hui. Il est donc de notre devoir de leur fournir les moyens d’assurer le service de cette dette ». Il faut donc distinguer la « bonne dette » qui prépare l’avenir en finançant le capital humain, la recherche ou encore l’investissement – de la « mauvaise », qui ne trompera pas indéfiniment les marchés et sera financée à perte par les jeunes générations.

Dans le cas de la France, à quoi ressemblerait un mauvais plan de relance ?

Ce serait le soutien indifférencié à la demande, selon l’approche keynésienne classique, qui aurait un effet modeste sur l’activité tout en nourrissant fortement l’épargne – déjà en hausse de 75 milliards d’euros depuis le confinement – et les importations. Nous ne proposons donc pas de baisser la TVA, comme l’a fait l’Allemagne.

Ce serait le financement de dépenses courantes pesant durablement sur la situation structurelle des finances publiques, alors que notre situation budgétaire invite au contraire à privilégier les mesures temporaires et réversibles.

Ce serait retarder l’adaptation des entreprises et des services publics aux standards de productivité mondiaux qui décideront de notre place dans le monde de demain, alors qu’il faut au contraire faire de cette crise un levier de transformation pour adapter notre économie aux mutations engagées en matière de consommation, de robotisation, de numérique, de décarbonisation, etc.

Ce serait la poursuite d’une politique industrielle rhétorique, cherchant des champions nationaux et multipliant les procédures éparses et cloisonnées, au lieu d’aligner par un pilotage central tous les guichets financiers publics sur les priorités de compétitivité et de souveraineté économiques, tout en faisant collaborer l’ensemble des acteurs depuis la recherche jusqu’à l’industrialisation, sur le modèle de l’agence américaine DARPA.

Ce serait risquer de priver la France du plein bénéfice du plan européen dont elle a été le promoteur, faute d’une gestion appropriée sachant privilégier les coopérations d’avenir et les projets de dimension européenne quand ils sont plus efficaces. En la matière, une révision de nos méthodes et procédures administratives s’impose pour conserver notre crédibilité, alors que se profilent des sujets importants comme le renforcement de l’action de la Banque européenne d’investissement en matière climatique, l’implication du Fonds européen d’investissement (FEI) dans les fonds propres ou la mise en place de ressources propres nouvelles.

10 principes pour le Plan de relance 

Face aux discours alarmistes et au pessimisme ambiant, l’enjeu du plan de relance nous semble donc autant de faire des choix pertinents sur le plan technique que d’influencer positivement les anticipations des acteurs économiques pour encourager l’investissement et la consommation, nos deux principaux leviers de croissance. 

Pour cela, nous proposons les quelques principes suivants : 

1. Un plan de taille adéquate pour relancer l’activité : la jauge à 100 Md€ annoncée, très supérieure au plan de 2009 (35 Md€), semble bien dimensionnée, à condition que la part des dépenses budgétaires y soit significative (de l’ordre de 40 Md€, soit le niveau attendu des subventions européennes) ;

2. Un plan ciblé sur les secteurs et les publics les plus fragilisés par la crise, calibré pour limiter les effets de fuite par les importations et l’épargne – à l’image de notre proposition de « chèques-déconfinement » fléchés vers l’hébergement-restauration et la culture, à rebaptiser « chèques-relance » ;

3. Un plan qui sécurise les plus vulnérables – indépendants, personnes dépendantes, etc. – par une couverture publique renforcée de la perte d’autonomie et la mise en œuvre d’une assurance-pandémie ;

4. Un plan en faveur de l’investissement productif combinant un volet financier (apport en fonds propres ou prêts participatifs distribués par des professionnels) et un volet fiscal (diminution des impôts de production, suramortissement) donnant priorité à la croissance par la transition énergétique, au développement du numérique et à l’investissement productif ;   

5. Un plan qui soutient également la composante immobilière de l’investissement, compte tenu de son effet de levier important sur la croissance et l’emploi national. Au-delà de la rénovation énergétique du parc, un soutien à la construction apparaît ainsi indispensable pour réussir la reprise, ce qui pourrait passer par notre proposition de prêts à taux négatifs ;

6. Un plan dont le suivi du volet investissement, au cœur des négociations européennes, serait confié à un Haut Commissariat au Plan fusionné avec le Secrétariat général pour l’investissement, ce qui permettrait d’assurer la cohérence des choix, d’associer les partenaires sociaux et les collectivités locales et d’offrir un interlocuteur spécifique à la Commission européenne sur ce sujet ;

7. Un plan qui sanctuarise les baisses d’impôt pour encourager les entreprises à l’investissement, favoriser la réindustrialisation et inciter les ménages à réinjecter dans l’économie l’épargne accumulée depuis le confinement ;

8. Un plan qui constitue un levier de réforme l’Etat par la décentralisation, la déconcentration, la numérisation et un changement de méthode, notamment en matière industrielle ;  

9. Un plan adossé à une stratégie de redressement de la situation des finances publiques à moyen terme afin de préserver la crédibilité de notre politique budgétaire, s’engageant à faire porter l’effort sur les dépenses et à ne pas différer indéfiniment les réformes structurelles (retraite, assurance chômage) ; 

10. Un plan s’appuyant sur une communication publique équilibrée, incitant à l’activité tout en poursuivant la pédagogie de précaution en matière de santé. Cela doit passer par un accompagnement politique adéquat de la part tant de l’exécutif que de l’opposition, dont on espère qu’elle aura à cœur de jouer un rôle constructif dans la crise que traverse le pays.

Consultez l’article du Point : https://www.lepoint.fr/economie/le-plaidoyer-des-gracques-pour-la-bonne-relance-27-08-2020-2389239_28.php#xtmc=gracques&xtnp=1&xtcr=1

Pour une Nouvelle Ambition Industrielle Française

Dans presque tous les domaines, la crise du coronavirus, aura eu un effet de loupe sur les forces et faiblesses françaises. Nos points forts nous ont permis de tenir. Nos points faibles ont gravement compliqué la tâche de chacun. 

Ce constat s’applique particulièrement bien à notre industrie : la crise sanitaire a révélé son caractère lacunaire et notre dépendance industrielle et technologique vis-à-vis de l’étranger, d’un étranger lointain au surplus, sur des segments critiques de la production pharmaceutique et médicale (aspirine, principes actifs pour les tests, machines et tissus non tissés pour les masques etc..). Ce constat particulièrement sévère dans le domaine de la santé vaut pour d’autres secteurs industriels.

Et si les réponses apportées au manque de moyens techniques et la réactivité face à la crise ont été impressionnantes à l’hôpital, elles ont été décevantes, pour dire le moins, dans le domaine industriel: le manque de capacité à fabriquer ou approvisionner rapidement des produits ou des composants stratégiques restera comme un souvenir cuisant de cette crise. 


La crise sanitaire a aussi révélé le manque d’anticipation et de préparation à un événement de nature à paralyser les flux et l’activité économique. A ainsi été mise en lumière la faiblesse de l’Etat stratège. D’où le retour en force de cet impensé des années 2000 : la souveraineté  industrielle et  économique. 

Nous nous retrouvons au XXIème siècle devant des problématiques que la France a déjà connues. Comment sécuriser la réponse de notre économie à la demande de produits industriels ? Comment assurer notre souveraineté stratégique et réduire nos déficits commerciaux massifs ? Comment concilier ces objectifs avec les ambitions environnementales, le cadre et la stratégie de l’Union Européenne ?

L’impératif industriel des Trente Glorieuses revient sur le devant de la scène, comme l’a constaté le Premier ministre dans son discours de politique générale devant le Parlement. Mais il faut trouver un nouvel équilibre entre l’initiative privée et la stimulation publique, entre les initiatives nationales et le cadre européen. Cet équilibre dépend moins, à nos yeux, de l’addition d’outils ou de moyens nouveaux que d’un alignement fort des multiples interventions publiques concourant à la politique industrielle, qui constituent sinon autant d’injonctions contradictoires pour les acteurs privés. 

Des moyens, le gouvernement en annonce de nouveaux, plutôt bien conçus dans l’ensemble : plans sectoriels (aéronautique, automobile) ; suppression d’impôts nuisibles à l’investissement et l’emploi (impôts de production). Manque encore un dispositif complet de soutien aux fonds propres des entreprises, particulièrement nécessaire pour les entreprises industrielles qui sont confrontés à de gros besoins d’investissements de numérisation et de robotisation. Les travaux en cours devraient se traduire en mesures à l’automne, dans un cadre auquel les Gracques ont porté attention à travers diverses propositions.

On reviendra sur ces différentes contributions à la relance de l’impératif industriel.

Mais un point essentiel nous semble être leur cohérence et l’alignement de l’ensemble des interventions publiques dans une seule démarche et avec une ambition centrale : la réindustrialisation. Centrale parce que créatrice de valeur ajoutée et d’emplois dans les territoires, et facteur clef de la souveraineté économique.

La désindustrialisation française depuis une vingtaine d’années a été si brutale, si subie et si caractéristique de l’impuissance publique, qu’il importe d’en rappeler l’ampleur et d’en tirer les leçons pour caractériser ce qu’est aujourd’hui le nouvel impératif industriel français (I).

De là découlent les objectifs d’une stratégie industrielle moderne, axée sur les objectifs clés de compétitivité, d’innovation et de souveraineté, avec des moyens de mise en œuvre qui supposent un aggiornamento complet de l’organisation publique. Seul un changement profond pourrait signifier le retour d’un Etat stratège, enfin aligné avec toutes les parties prenantes  (II). 

C’est alors que pourront être engagées avec quelque efficacité les principales actions permettant d’aligner les politiques publiques sur les priorités essentielles et permanentes de la politique industrielle: la compétitivité et l’innovation, en libérant les entreprises des boulets qui les handicapent et qui pénalisent en même temps l’emploi et l’avenir de nos territoires (III).


L’intégralité de la note ci-dessous :


Vaincre la défiance, Lever les goulots d’étranglement

L’agenda de sortie de crise se dessine maintenant clairement en trois étapes: urgence, reprise, relance. Trois temps distincts qui se succèdent dans une séquence décisive pour notre pays. Avec un objectif : revenir aussi vite que possible à la dynamique de croissance d’avant le Covid. 

La phase d’urgence des deux derniers mois avait pour priorité d’éviter l’effondrement de notre économie et la suppression de centaines de milliers d’emplois: elle a globalement réussi. Le déconfinement actuel lance la seconde phase, celle de la reprise, avec un redémarrage de la production et de la consommation. Viendra plus tard le moment de la relance, qui devra aborder les sujets structurels, dont la question des relocalisations industrielles, et celle du partage de l’effort. 

N’en doutons pas: le temps de la  relance sera le moment d’un nouvel impératif industriel. Les Etats européens, au moment où ils interviennent de façon massive dans l’économie, disposent d’une opportunité unique pour redéfinir leurs orientations de politique industrielle, avec un enjeu majeur de coordination au niveau de l’Union. Telle est la perspective dans laquelle Les Gracques s’engagent et présenteront bientôt leurs propositions. La phase de relance nécessite en effet  une préparation approfondie et concertée – approfondie parce que concertée – ainsi que des modifications du cadre réglementaire et fiscal tant français qu’européen. Elle implique aussi une réorganisation de l’Etat pour lui redonner les moyens de faire ou de “faire faire” à d’autres avec plus d’efficacité. D’ici là, donnons-nous toutes les chances de réussir la reprise.

Nous avons, dans une précédente note, souligné l’urgence des mesures à prendre pour réussir la reprise. Les mesures de soutien aux secteurs économique les plus touchés ne peuvent attendre le paramétrage fin d’un plan de relance à l’automne, sauf à voir une partie de leurs acteurs disparaître entre temps. Le Gouvernement a fait un premier pas en faveur du tourisme et de l’automobile. Mais d’autres activités comme la restauration ou les centres commerciaux restent dans l’incertitude quant aux dates de réouverture; et la pente de la reprise reste une incertitude majeure dans tous les secteurs. 

D’une façon générale,  la dimension psychologique et les anticipations des acteurs économiques sont un élément clé de la  reprise. Il est bien sûr impossible d’avoir des certitudes macroéconomiques à ce stade. Au moins peut-on s’attacher aux conditions de la reprise au niveau microéconomique, et identifier ce qui peut contribuer à créer une dynamique de confiance chez tous les acteurs économiques: consommateurs, salariés, chefs d’entreprise, investisseurs. Qu’ils disposent d’une visibilité suffisante, qu’ils obtiennent rapidement du soutien financier nécessaire, qu’ils aient confiance dans leur avenir à court et moyen terme, et la consommation, la production et enfin l’investissement repartiront. Sans confiance à l’inverse, il serait vain de déverser des milliards en aides, prêts ou subventions : l’attentisme deviendra la règle et l’absence de dynamique nous fera tout juste passer de l’atonie à une croissance molle, faussement flatteuse dans un premier temps, mais finalement incapable de digérer le choc d’activité autrement que par des mesures d’économie, des coupes dans les investissements et des plans sociaux, au risque d’une profonde déstabilisation économique et sociale. 

C’est ce qui nous a conduit à nous interroger sur les facteurs qui peuvent aujourd’hui freiner la construction de la confiance, ou même créer de la défiance.

La défiance part de haut : à peine le déconfinement lancé, plusieurs ministres faisaient déjà l’objet de dizaines de poursuites pénales devant la Cour de Justice de la République, des associations s’étant constituées à cette seule fin. Que la France soit le pays d’Europe le plus exposé à subir ce phénomène devrait interroger les consciences. Il est évident que cette démarche punitive est délétère sur l’esprit public et ne peut, en inhibant les décideurs, que nuire au bon exercice de leurs responsabilités. Une partie du corps social fonctionne comme un groupe  de supporters qui préfèrent perdre le match pour le seul plaisir de lyncher l’entraîneur, plutôt que de se mobiliser pour gagner la partie. 

Dans la sphère économique, les premiers jours du déconfinement, et les semaines qui l’ont précédé ont montré une dynamique positive dans notre pays. Il existe une volonté réelle de travailler et de repartir de l’avant. Mais nous constatons aussi qu’elle se heurte – plus qu’ailleurs – à des obstacles qui peuvent déprimer les anticipations des acteurs économiques et faire perdre des opportunités. 

L’objet de cette note est d’identifier un certain nombre de leviers pour créer de la confiance, et de proposer des mesures pour lever des obstacles à la reprise, afin d’aborder dans les meilleures conditions possibles la phase suivante de la relance. 

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Réussir la Reprise dès le Troisième Trimestre

Le compte à rebours de la reprise a commencé…

Le confinement aura été du point de vue économique le plus grand choc connu par le pays en temps de paix. La perte d’activité instantanée s’élève à un tiers et atteint même 50 % sur le champ marchand. Sur l’ensemble de l’année, le FMI et le Gouvernement anticipent désormais un recul du PIB de près de 8 % en 2020, contre 2,9 % en 2009 pendant la crise financière.

Transférer durablement à l’État le financement d’une économie à l’arrêt n’est ni souhaitable, ni possible. Chaque jour de confinement coûte environ 2 milliards d’euros à l’économie française. Deux mois de confinement représentent déjà une perte de 6 points de PIB annuel, dont environ deux tiers à la charge des administrations publiques, du fait des « stabilisateurs automatiques » et des mesures de soutien mises en œuvre. La situation est d’autant plus critique que la France est entrée dans cette crise sans avoir reconstitué de marges de manœuvres au plan budgétaire : notre endettement excède de 40 points de PIB celui de l’Allemagne, alors qu’ils étaient encore comparables en 2010. Si nous disposons d’un « capital-confiance » précieux sur les marchés, il n’est pas illimité. En l’état, le déficit et la dette atteindraient respectivement 9 % et 115,2 % du PIB fin 2020, sans même que les prévisions gouvernementales n’incluent le coût du futur plan de relance. 

Au moment où se profile la fin du confinement, la question clé est donc d’en réussir la sortieet de la réussir aussi vite que possible : d’abord sanitairement bien sûr, faute de quoi les sacrifices consentis auraient été inutiles et la protection de nos concitoyens resterait non assurée ; budgétairement ensuite, pour limiter le creusement des déficits, insupportable dans la durée, et retrouver la croissance indispensable à la production, l’investissement et l’emploi de la septième puissance mondiale ; économiquement enfin : faute d’un redémarrage rapide de la demande, de nombreuses entreprises risquent de ne pas passer l’été malgré les aides à la trésorerie et n’auront donc pas le temps de mettre en place les financements durables, en fonds propres, ainsi que nous l’avons recommandé dans notre note « Pour une stratégie de fonds propres ».

Il faudrait y ajouter une dimension politique, au sens le plus noble du terme. La crise appelle en effet à ouvrir des perspectives nouvelles, nationalement et internationalement – dont l’aggiornamento européen – qui auront toute leur place pour mobiliser le corps social.

Notre propos ici n’est pas de discuter les conditions sanitaires ou politiques de cette sortie mais de nous concentrer sur les conditions nécessaires à sa réussite au plan économique, une fois définies les règles du déconfinement. Notre analyse est qu’en dépit de toutes les incertitudes actuelles, plus tôt seront prises les mesures de soutien, plus tôt l’activité productive viendra supplanter l’indemnisation du chômage partiel, meilleures seront les anticipations des ménages comme celles des entreprises et mieux nous réussirons la reprise sur l’ensemble des territoires. 

Même si le retour à une situation normale nécessitera un effort de long terme, dès le 11 mai, c’est bien un sprint économique qui est lancé pour rattraper le temps et la croissance perdus.

Téléchargez ci-dessous l’intégralité de la note :


Pour une stratégie de fonds propres

Proposition de plan de relance post COVID pour préserver l’outil de production et sauvegarder l’emploi en France

Le choc économique exogène massif provoqué par la crise du Coronavirus ne ressemble à aucune des crises précédentes : il ne passe ni par l’industrie financière, ni par des effets de cycles industriels. L’effondrement de la demande provoqué par le confinement affecte en premier lieu le secteur des services, et impacte directement un très grand nombre de TPE, PME et ETI, dont il menace la survie. L’enjeu en termes d’emploi est considérable, sans précédent. Sauvegarder les entreprises pour sauvegarder l’emploi: tel est le défi. Il pose un problème particulier à l’action publique, qui n’a pas l’expérience de venir au secours des entreprises avec une telle granularité. 

La première priorité des pouvoirs publics a été de sécuriser la liquidité du système économique, qui paraît assurée, par les reports d’échéances fiscale et sociales et des prêts garantis par l’Etat,  sous réserve que les délais de paiement interentreprises ne viennent pas menacer les sous-traitant les plus fragiles. Nous proposons des mesures de surveillance particulières sur ce point. 

Toutefois, le choc ne pourra être absorbé seulement par des mesures de trésorerie et des prêts, même garantis. Sauf à ce que le tissu de PME ressorte de cette épreuve immobilisé par le surendettement, les entreprises auront besoin, au delà du chômage partiel,  de fonds pour absorber leurs pertes, c’est à dire de capital. L’une des principales différences entre les plans allemand et français de sortie de la crise est que le premier prévoit 150 milliards d’euros d’infusion de capitaux publics dans les entreprises. Cette approche nous semble pertinente, et cette note propose une stratégie de fonds propres, permettant d’accompagner les entreprises, le temps qu’elles se relèvent. 

Pour les entreprises cotées, nous proposons que les collectivités publiques  se dotent d’une enveloppe significative, de plusieurs dizaines de milliards d’euros,  pour réaliser des infusions de capital permettant de maintenir l’indépendance des grandes entreprises françaises. Ces “nationalisations partielles” seront réalisées en recourant à des outils simples, actions avec droits de vote, qui assurent que le contribuable bénéficiera du retour à meilleure fortune dans les mêmes conditions que les actionnaires privés.

Dans le secteur du non coté, nous constatons que les fonds de LBO disposent pour l’heure d’une grande réserve de liquidités pour défendre et étendre leurs investissements dans de grandes et moyennes entreprises, et nous pensons qu’un effort particulier doit être engagé pour développer une industrie du capital-investissement capable d’apporter du capital et du quasi capital à destination des PME. Nous proposons des instruments en ce sens, qui associeraient la Caisse des Dépôts, la BPI, les régions et les capacités existantes du secteur de l’investissement.

Pour les TPE et le secteur de l’artisanat, ainsi que pour certains secteurs particulièrement affectés, les subventions sont la manière la plus expédiente de compenser les pertes ; il y a sur ce segment un écart très significatif entre le plan français et le plan allemand, dont il nous paraît important de réduire une partie.

Enfin, dans l’optique de la préparation de la reprise, la note aborde les ajustements temporaires à effectuer sur la réglementation prudentielle des acteurs financiers, les dispositions particulières à prendre pour le secteur de la construction et de la rénovation écologique, et la question d’une incitation temporaire à l’investissement et au renouvellement des emplois temporaires.

L’ensemble de ces mesures ne visent qu’à maintenir en état l’appareil productif, les emplois et les compétences.  La note ne prend pas position à ce stade sur la question complexe de la relance de la consommation, qui est actuellement bloquée par le confinement, et dont on ne sait pas encore mesurer l’ampleur. Toutefois, les toutes premières indications font apparaître le risque d’un effet récessif plus important que prévu initialement du fait d’une remontée lente de la demande. Il faudra les affiner en fonction de différents éléments, notamment les hypothèses de déconfinement en France et chez nos principaux partenaires.  A ce stade encore préliminaire, notre recommandation est d’accompagner le maintien en état de l’appareil de production de mesures ciblées sur les personnes les plus en difficultés et les ménages modestes. Le risque à prévenir est  celui de la combinaison d’un comportement de surépargne de la part de ceux qui en ont la capacité et de sous-consommation pour les plus démunis.   

Téléchargez ci-dessous l’intégralité de la note rédigée par le groupe GracFin :

« Another Virus Victim: The U.S. as a Global Leader in a Time of Crisis »

En pleine crise du coronavirus, les Etats-Unis font un pas de plus en arrière, abandonnant leur rôle de leader mondial.

Alors qu’ils étaient à l’initiative d’une réponse multinationale pour la gestion des épidémies du SIDA et d’Ebola, les Etats-Unis cèdent ce monopole à la Chine en ce qui concerne le COVID-19.

Un article du NY Times : https://www.nytimes.com/2020/03/20/world/europe/trump-leadership-coronavirus-united-states.html?smid=em-share

Printemps de l’Economie – Edition 2020

A l’heure où, plus que jamais, rien n’est plus simple que de diffuser des fake news, il y a une véritable urgence démocratique à rapprocher la recherche scientifique en économie des citoyens, à expliquer inlassablement encore et encore quels sont les grands enjeux tout en sachant ne pas rester sourd à leur ressenti.

P.P. Boulanger – Président – fondateur du Printemps de l’Economie

Les Gracques sont heureux de soutenir le Printemps de l’Economie qui se tiendra du 24 au 27 mars 2020. Créé en 2013 avec le soutien de Michel Rocard, cet évènement annuel contribue activement à rendre la connaissance économique accessible à tous.

Consultez le programme dès maintenant et inscrivez-vous à partir du 24 février 2020.

Sommet du Business 7 à Aix-en-Provence

Une rencontre et un accord pour les entrepreneurs et syndicats à Aix-en-Provence : B7 et L7 appellent de leurs vœux une réforme de la gouvernance mondiale pour une croissance durable et inclusive. 

Pour la première fois de l’histoire des sommets Business 7, les représentants des syndicats (L7) et des entrepreneurs (B7) s’accordent sur un agenda social en vue du G7. Cette rencontre marque un changement de paradigme : la gouvernance internationale ne peut ignorer le social. Cette gouvernance doit être réformée afin de garantir un meilleur partage des richesses – il en va de la survie de nos démocraties. 

La rencontre qui vient de se terminer donne un élan inédit à la question de la croissance durable.  Au même titre que les Accords de Paris ont représenté un tournant pour la question climatique, le G7 devra s’en saisir afin que soit proposé un accord équivalent : une réforme globale de la gouvernance internationale replaçant le social au cœur du projet. 

La présidence française entend justement placer les inégalités au cœur de la réflexion de ce prochain G7. 

A ce titre, L7 et B7 ont fait œuvre commune afin de livrer aux gouvernements qui se réuniront à Biarritz des recommandations concrètes et opérationnelles. 

Deux lignes directrices ont été dégagées : 

  • Le monde du travail doit être rendu plus inclusif.
  • Les transformations technologiques appellent à des investissements majeurs dans l’éducation et la formation professionnelles.  
  • La gouvernance mondiale doit être réformée.
  • 75 ans après les accords de Bretton Woods, le temps est venu de placer les enjeux sociaux au centre des préoccupations des institutions internationales existantes.  

Le B7 a également formulé une série de recommandations au bénéfice :

  • d’une transition écologique coordonnée et soucieuse de la biodiversité,
  • d’une transition digitale soutenue par une coopération internationale en matière de cybersécurité,
  • d’un commerce international privilégiant une vision de long-terme et fondé sur des règles équitables,
  • d’une priorité donnée à l’égalité concrète entre hommes et femmes dans le monde du travail,
  • de la valorisation d’actions pour une croissance plus juste, sur le modèle de l’initiative B4iG de l’OCDE, mettant en œuvre une collaboration effective entre public et privé.

Ces propositions rejoignent notamment celles formulées par le Cercle des Economistes. Les intellectuels réunis à Aix lancent en effet un appel à la lucidité et à l’action pour restaurer une confiance qui s’érode. Face au risque de délitement du contrat social, les économistes présentent un panel de mesures opérationnelles vers plus d’inclusion, de long-terme et de coopération internationale.  

A retrouver ci-dessous : déclaration conjointe B7-L7 , déclaration finale du B7, déclaration finale du Cercle des Economistes


Les Gracques aux Rencontres Economiques d’Aix en Provence 2018

Cette année encore, les Gracques seront présents lors des Rencontres d’Aix. Nous participons aux débats des Voix de l’Economie et de nombreux Gracques seront présents pour aborder la question des ruptures technologiques et des conséquences sociales, économiques et éthiques qu’elles emportent.

Lors d’un débat unique qui aura lieu le vendredi 6 juillet après midi, les représentants de 15 think tanks parmi les plus réputés de notre pays , dont Les Gracques, accompagnés d’une dizaine d’intervenants – témoins internationaux tels Jonathan Taplin, Fabienne Arata, Barry Lynn ou Carla Aerts vont discuter de la nécessité d’un New Deal face à cette révolution inédite.

Devant un quasi changement civilisationnel, 4 questions majeures, 4 choix de société se posent à nous:

  • Jusqu’où faut il contrôler internet?
  • Doit-on interdire la recherche sur les embryons?
  • Les Fakenews auront elles la peau de la démocratie?
  • Les GAFAS/BATX sont-ils les nouveaux maîtres?

Ces 7 débats coordonnés par l’Acsel et le Cercle des économistes vont rythmer le vendredi après midi dans les locaux de Aix-Marseille université à Aix-en-Provence, en parallèle des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence. Le dernier débat portera sur les nouveaux enjeux de la science portées par les nouvelles technologies et des enjeux de régulation ou de réglementation internationale des acteurs de la donnée, en présence de Marie-Laure Sauty de Chalon et de René Frydman pour les Gracques et de Benjamin Coriat (Université Paris XIII).

Ces débats sont ouverts à toutes et tous, sur inscription : www.lesrencontreseconomiques.fr 

 

Rencontres économiques d'Aix-en-Provence

Rencontres économiques d’Aix-en-Provence