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Pascal Blanchard : « On ne s’oppose pas à Marine Le Pen comme on s’opposait à son père »

Interview de Pascal Blanchard parue dans Libération le 29 avril 2017. Pour l’historien, le monde antiraciste des années 80 a vécu et l’on ne peut plus se contenter de discours moralisateurs. Il faut déconstruire les idées du Front national.

L’historien Pascal Blanchard est spécialiste du fait colonial et de l’immigration. Il vient de publier, avec Farid Abdelouahab les Années 30 – et si l’histoire recommençait ? (La Martinière). Selon lui, le vote Macron au second tour pourrait se révéler être davantage qu’un simple réflexe contre l’extrême droite. Le leader d’En marche incarne aussi à ses yeux un libéralisme sociétal bienvenu.

Malgré l’engagement de nombreux intellectuels contre l’extrême droite, Marine Le Pen est au second tour. Quel constat en tirez-vous ?

Le score de Marine Le Pen aurait été bien plus élevé s’il n’y avait pas eu cette mobilisation. Beaucoup de jeunes intellectuels – Raphaël Liogier , Rachid Benzine, Alain Mabanckou ou Nicolas Lebourg, mais aussi la Fondation Jean-Jaurès ou les Gracques – ont agi cette fois-ci de façon efficace, en menant un travail sur le registre de l’analyse froide et rationnelle. On ne s’oppose pas à Marine Le Pen comme on s’opposait à son père. Tout a changé. Le discours du Front national, mais aussi le contexte : depuis trente ans, très peu de choses ont été faites dans les banlieues ou les outre-mer. Donald Trump est au pouvoir aux Etats-Unis. Le contexte international et les attentats ont placé la peur au coeur des émotions des électeurs. Nous ne sommes plus dans le monde antiraciste des années 80 : il ne s’agit plus de faire des discours moralisateurs, mais de déconstruire ce qui fait le coeur du discours frontiste. Expliquer de façon scientifique ce que va être la France de Le Pen, ce que deviennent les Etats-Unis de Trump.

Comment analysez-vous le phénomène Macron ?

Comment un homme de 39 ans, jamais élu, hors parti, a-t-il pu émerger dans un paysage politique figé et sclérosé ? Quand on connaît l’histoire politique de la France, on ne peut être qu’estomaqué. Cet homme a compris avant tout le monde que la gauche et la droite qui, aux yeux des Français, ont échoué depuis vingt-cinq ans, allaient être dépassées. Il a aussi eu beaucoup de chance, il ne pouvait pas deviner que François Fillon se retrouverait empêtré dans des affaires, ni un effondrement aussi massif du Parti socialiste… mais il a osé. Il établit également une rupture générationnelle. Le syncrétisme qu’il affiche et qui étonne tant de monde parle aux jeunes et à ceux qui veulent une vision positive du devenir de la France. Surtout, il propose un libéralisme sociétal concret que le PS n’a pas su avoir depuis cinq ans. Ce qu’il a dit de la colonisation, le PS ne l’a jamais osé. Pareil pour les quartiers, pour les enjeux de diversité, pour l’immigration ou pour l’Europe. Regardez son équipe, ceux qui l’entourent, ils ressemblent à la France de 2017. Pas de discours global, juste l’application de quelques principes et une vision positive de notre destin. Comme s’il avait dépolitisé la question du passé colonial ou de la diversité. Il ne prétend pas prôner la diversité, il la met en actes. Il représente une alternative crédible pour la société française, sinon il ne serait pas au second tour. C’est cela aussi le vivre ensemble. C’est le meilleur contre-discours du FN.

Mais dans son duel contre Marine Le Pen, n’incarne-t-il pas l’énarque, le banquier, l’Européen béat ?

Attention, c’est justement le discours du FN. Cette opposition binaire n’est qu’une chimère médiatique. Les antagonismes sont bien plus complexes. On ne peut pas résumer Emmanuel Macron au grand capitalisme international qui va tous nous ubériser.

Comment peut-il résister à cette caricature ?

D’abord grâce à son ouverture sociétale. Lui accepte cette société du mariage pour tous, diverse, ouverte au monde… Il comprend sûrement mieux que d’autres qu’une jeune femme de banlieue qui a un bac + 6 n’a pas envie d’être aidée par ses amis de gauche, mais qu’elle veut un emploi de cadre, sans pour autant accepter la vision identitaire que porte la droite. Emmanuel Macron a ainsi capté beaucoup de suffrages en banlieue, dans les départements d’outre-mer et chez les primo-votants. L’idée qui a fonctionné vis-à-vis d’une nouvelle génération est celle selon laquelle on peut réussir sans écraser les autres. Le FN dit «Nous sommes chez nous» et En marche répond «On est tous chez nous». Ce que SOS Racisme n’était pas parvenu à exprimer ou à faire entendre. Et quand Mélenchon n’est pas capable de décider à 20 h 02 qu’il faut appeler à voter contre le FN, c’est qu’il s’est fait lui aussi prendre au piège de l’idéologie frontiste du vivre ensemble impossible. Il est en train de créer une fracture à gauche. C’est incompréhensible au regard de son parcours et des idées qu’il défend.

Alors comment contrer un discours démagogique ?

C’est avant tout un problème d’audibilité. Une anecdote illustre bien ce problème. Il y a huit mois, on sentait que cette campagne allait être dure sur la diversité et sur l’immigration. Comment nous, universitaires et artistes, pouvions-nous avoir un impact sur les gens ? On a créé une série de films courts, «Artistes de France». Un artiste de la diversité d’hier raconté par un artiste ou une personnalité d’aujourd’hui. Picasso, Joséphine Baker, Django Reinhardt… racontés par Omar Sy, Lilian Thuram, JoeyStarr. Une quarantaine de jeunes historiens ont écrit les portraits. France Télévisions a été emballé. Notre seule condition était que cette série soit diffusée… sur ce semestre 2017. Pour nous, rien n’est plus politique que ces pastilles. On bat les records de nombre de vues et de téléchargements chaque jour. C’est ça aussi, le travail des intellectuels, de la société civile, des médias, des artistes, pour répondre à Marine Le Pen. Notre pays a réagi avec calme après les attentats à Paris ou à Nice. Ecoutez le discours digne du compagnon du policier abattu aux Champs-Elysées ! C’est aussi cela la force de notre pays. Et Emmanuel Macron est le seul à souligner cet aspect positif.

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Dimanche prochain, votez !

Dimanche 7 mai, n’oubliez pas de voter !

Si vous n’êtes pas chez vous et que vous avez la chance de partir en week-end prolongé, n’oubliez pas de faire une procuration avant de partir à un proche ou à travers le service mis en place par En Marche !

Si vous avez la chance de glisser l’enveloppe dans l’urne dimanche prochain, ne résistez pas au plaisir d’en glisser une deuxième, et proposez à vos proches ou à En Marche ! de recevoir une procuration !

Attention, il ne reste que quelques jours pour être sûr que votre procuration soit valable.

 

 

 

 

 

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Macron mouille sa chemise

Edito de Laurent Joffrin dans Libération le 28 avril

Plutôt bon, Macron sur TF1. Volontaire, précis, assez humble, rassembleur. Mais trop techno quand il se lance dans des tirades d’inspecteur de Finances. Son argumentation – intéressante – sur la fin de la logique « assurantielle » pour l’indemnisation des chômeurs supposait un degré de concentration plus fréquent dans les séminaires des facs d’économie que devant les écrans de télévision. Dans ces moments-là, il fait plus conseiller technique que candidat à une élection au suffrage universel. Il joue la compétence dans une joute où les « sachants », signe des temps, partent avec une longueur de retard.

Il ne suffit pas d’avoir raison, il faut convaincre, c’est-à-dire émouvoir. Mais c’est aussi une marque de respect pour l’électeur, dont on sollicite l’intelligence. La grosse artillerie déployée par Marine Le Pen à Nice fait contraste. On pense au Joueur d’échecs de Zweig, quand un intellectuel fragile se bat contre un béotien au jeu inné et destructeur. Macron oppose un fleuret à la massue du FN. L’agilité fera-t-elle pièce à la force brute ? Deux conceptions de la vie, en tout cas.

On comprend d’autant moins la tentation de l’abstention qu’on décèle chez certains militants pourtant formés. Peut-on adhérer, par exemple, à la cause des sans-papiers, et hésiter à combattre dans l’urne une candidate qui propose de lancer une chasse féroce aux immigrés en situation irrégulière, de supprimer le droit du sol ou l’aide médicale d’Etat ? Peut-on réprouver la déchéance de nationalité proposée il y a un an et voter blanc ou nul quand le FN prévoit de l’étendre à des milliers de personnes, sur la base d’une simple suspicion ? Peut-on soutenir le mariage pour tous et s’abstenir quand le FN promet de l’abroger ?

Peut-on rejeter Fillon à cause de ses casseroles et rester indifférent aux nombreuses affaires judiciaires dans lesquelles le FN est englué ? Peut-on soutenir Christiane Taubira et rester insensible devant un programme qui prévoit de renforcer comme jamais l’arsenal répressif français ? Peut-on dénoncer le programme économique de Macron mais se soucier comme d’une guigne d’un projet frontiste démagogique à souhait, qui prévoit quelque 80 milliards de dépenses en les finançant par des économies sur l’immigration (alors que la plupart des spécialistes contestent le chiffrage du FN sur ce point) et par la planche à billets ? Abstention ou désertion ? D’autant que l’opposition à Macron a tout loisir de s’exercer aux législatives, qui sont le troisième tour de l’élection.

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Le malaise social n’est pas la seule cause du vote Le Pen

Dans une tribune au « Monde », le démographe Hervé Le Bras souligne que l’exclusion n’est pas le seul fait des zones rurales qui ont voté pour Marine Le Pen. Elle existe aussi dans les villes où Emmanuel Macron a fait de forts scores.

 

Quelle allait être la géographie du vote Macron? Faute de précédent et faute de positionnement précis de ce candidat sur le spectre politique, il était malaisé de le prévoir. Une thèse assez répandue voulait qu’il s’agisse d’un vote utile. C’était dès lors définir l’électorat de Macron par opposition à celui du Front national.

Plusieurs raisons militaient en faveur de cette explication. D’abord, le caractère particulier du FN qui saille sur un paysage politique moins contrasté. Effectivement, depuis l’origine, à l’élection européenne de 1984, les scores du FN varient largement selon le territoire considéré. Lors du premier tour, le 23avril, le pourcentage de votes pour Le Pen à l’échelon départemental s’est échelonné de 5% à Paris à 36% dans l’Aisne, tandis que les pourcentages pour Macron se situent entre 18% et 30% selon le département, soit une amplitude trois fois plus faible.

Inévitablement, c’est le parti dont les résultats sont les plus contrastés qui imprime son style à la carte, les autres apparaissant peu ou prou en opposition. C’est le cas pour la représentation des votes en faveur de Hamon, de Mélenchon et plus encore de Macron, comme on le constate sur la carte dessinant les territoires électoraux des deux finalistes, «Deux France face à face: les villes contre le périurbain» .

Les votes FN et Macron géographiquement opposés

L’émergence géographique de l’extrême droite a d’autre part des raisons objectives. Le Pen obtient ses meilleurs résultats là où les problèmes économiques et sociaux sont les plus graves. Que l’on cartographie le taux de chômage, la proportion de jeunes sans diplôme, la pauvreté (proportion de personnes sous le seuil de pauvreté), la fréquence des ménages monoparentaux ou le niveau d’inégalité locale, on obtient des répartitions très semblables: une grande zone au nord de la ligne LeHavre-Belfort, le rivage méditerranéen jusqu’à cent kilomètres de profondeur, la vallée de la Garonne entre Toulouse et Bordeaux, soit presque exactement les territoires où le FN enregistre ses meilleurs scores.

La carte intitulée «La France de l’exclusion» représente la synthèse des cinq indicateurs qui viennent d’être cités. Dès le premier coup d’oeil, elle paraît très voisine des résultats qu’a obtenus LePen. Le vote en faveur de Macron proviendrait alors des régions qui seraient moins atteintes par ces maux. En quelque sorte, il serait défini par son contraire.

A ceux qui parlent de dissolution ou d’éclatement chaotique des partis, on peut opposer la recomposition ordonnée des électorats. En politique, le neuf est souvent fabriqué à partir du vieux

Cependant, quand on regarde plus précisément la carte, on voit une multitude de points où les cinq problèmes sont plus aigus, dans les zones de fort vote FN comme en dehors. Ce sont les villes, en particulier les plus importantes. Effectivement, le chômage y est plus élevé, les familles monoparentales plus fréquentes, les inégalités plus fortes, etc. Dès lors, le FN devrait y récolter de nombreux suffrages. Or c’est exactement l’inverse. Plus une ville ou une agglomération est importante, plus le vote frontiste y est faible. De plus de 30% dans les communes de moins de mille habitants, il descend au-dessous de 5% à Paris. On peut parler de périphérie, de sentiment d’abandon, mais c’est mettre des mots à la place d’une explication. Il vaut mieux reconnaître que les causes socio-économiques ne suffisent pas à rendre compte du vote Le Pen et par conséquent de son opposé, le vote Macron.

L’addition des deux centres

Or, il est possible de définir directement le vote en faveur de Macron. Il suffit de prendre au sérieux le candidat quand il affirme rassembler un centre droit et un centre gauche. Le centre droit est incarné par François Bayrou et son MoDem, le centre gauche par les sociaux-démocrates, de Valls à Hollande. On connaît la distribution des forces de ces deux courants sur le territoire: pour le centre droit, les 9,1% de voix obtenues par Bayrou à la précédente élection présidentielle, pour le centre gauche, la moitié des 28% de votes pour Hollande à la même élection. Les enquêtes par sondage qui demandent pour quel candidat on a voté en2012 donnent effectivement environ 50% des anciens électeurs deHollande ralliant Macron.

Si l’on additionne les scores de Bayrou et la moitié des scores de Hollande en2012, on obtient presque exactement la répartition des votes en faveur de Macron telle qu’elle est apparue dimanche dernier. A ceux qui parlent de dissolution ou d’éclatement chaotique des partis, on peut donc opposer la recomposition ordonnée des électorats. En politique, le neuf est souvent fabriqué à partir du vieux. Plus exactement, l’électorat change moins vite que les états-majors.

Les votes frontistes sont d’autant plus rares que l’agglomération est plus importante, comme on l’a vu. Ici encore, les votes pour Macron leur sont diamétralement opposés. Ils sont d’autant plus fréquents que la ville est de plus grande taille. Paradoxalement, plus les cinq problèmes évoqués plus haut y sont graves, plus on vote Macron. Quel est donc le mystère du comportement urbain? Certes, les professions supérieures s’y concentrent et le niveau général de diplôme y est plus élevé, mais cela ne suffit pas à rendre compte des écarts de vote constatés.

Les villes, «global cities»

Les villes, particulièrement les plus puissantes, sont devenues des points de contact et d’échange avec le monde. Les plus importantes se rapprochent des global cities selon le terme forgé par la sociologue hollando-américaine Saskia Sassen. Leurs habitants veulent donc préserver l’ouverture de la France au monde et particulièrement à l’Europe. Or, seul de tous les candidats, Macron a pris la défense de l’Europe sans poser des conditions peu réalistes à son changement.

Déjà au référendum de Maastricht en1992, les villes, surtout les plus grandes, avaient voté oui. Les zones rurales, pour leur part, s’étaient partagées en deux groupes. Celles où les centristes héritiers du MRP et donc ancêtres du MoDem étaient bien implantés, soit la France de tradition catholique, ou plus exactement et plus originellement detempérament anti-jacobin, avaient aussi voté oui comme on le constate sur la carte «Le oui à Maastricht» . Les autres avaient choisi le non, souvent à de fortes majorités. Dans la mêlée des débats de la récente campagne, l’Europe a parfois surgi mais il se peut qu’elle ait joué un rôle plus important qu’il n’y paraît, ne serait-ce qu’en plaçant Macron en tête.

Cartographie. Hervé Le Bras a conçu les deux cartes intitulées «La France de l’exclusion» et «Le oui à Maastricht» . Le cartogramme intitulé «Deux France face à face : les villes contre le périurbain » a été conçu par Jacques Lévy, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, avec l’équipe du laboratoire interdisciplinaire Chôros de cette même école : Ogier Maitre, Ana Póvoas, Jean-Nicolas Fauchille.

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France is back !

Tribune de Bernard Spitz publiée dans Les Echos au lendemain du 1er tour de l’élection présidentielle, le 24 avril 2017

 

C’était impossible, il l’a fait. En deux ans, un jeune ministre inconnu de la majorité des Français atteint, en tête, le second tour de l’élection présidentielle, face à la représentante de l’extrême droite. C’est la défaite en rase campagne des partis traditionnels et pour le pays, deux options opposées de renouvellement de sa classe dirigeante comme de ses choix économiques et sociaux. L’aspiration à une France offensive dans une Europe rénovée ou le mur identitaire dressé contre l’Union européenne.

Les écoles de sciences politiques et de communication étudieront la combinaison de talent, d’intuition et de chance qu’il a fallu àEmmanuel Macronpour en arriver là, cette chance en forme d’alignement des planètes que Napoléon estimait indispensable pour ses généraux. Comme elles analyseront le succès des candidats extrêmes en marqueur des pulsions « dégagistes » qui traversent le pays. Pour l’heure, observons que cette élection marque à la fois la fin d’un cycle et le début d’une nouvelle ère pour la France.

La fin d’un triple cycle

La fin d’un triple cycle d’abord, générationnel, politique et institutionnel. Générationnel, parce que beaucoup d’occupants des palais républicains et du Parlement depuis des décennies vont passer la main. De nouveaux élus venus de tout bord – des extrêmes, du Modem, de la société civile – vont les remplacer.

Politique, parce que l’échec de la droite à bénéficier de l’alternance comme l’effondrement du PS ouvrent la voie à une recomposition du paysage, avec l’affirmation d’une force réformiste centrale et l’opposition de mouvements extrêmes.

Institutionnel enfin, avec des hypothèses inédites : gouvernement de coalition, Parlement rajeuni et plus représentatif, etc. Après le second tour, la séquence des élections législatives dessinera les contours de la future majorité présidentielle. La Ve République entamera ainsi, quoi qu’il arrive au soir du 7 mai, un nouveau chapitre de son histoire.

Puissante onde positive

Fin d’un cycle donc, mais aussi début d’une nouvelle ère. Dans un mélange d’intérêt et d’inquiétude, le monde extérieur, des gouvernements aux investisseurs, voit la France, après le Brexitet l’élection de Donald Trump, en ligne de front face à la vague populiste et protectionniste. Une sorte de digue qui, si elle cédait, pourrait – sauf résultat contraire aux législatives – déstabiliser l’Italie puis le reste de l’Europe. Avec des risques évidents pour l’économie et à terme, pour la paix.

A l’inverse, l’élection d’Emmanuel Macron pourrait déclencher une puissante onde positive. Un président jeune, connaissant l’entreprise, parlant l’anglais, maîtrisant les nouvelles technologies, incarnerait l’antithèse de ceux qui l’ont précédé. Succès international garanti, qui ne manquerait pas de nous renvoyer une image positive de nous-mêmes.

« France is back » pourrait tweeter Donald Trump. Une France se voyant belle dans le miroir. Plus fort que le terrorisme et les tensions internationales, un courant d’optimisme pourrait gagner un pays qui a besoin de retrouver confiance dans la vision et l’autorité de ses dirigeants.

De quoi conférer une énergie nouvelle aux entrepreneurs mais aussi redonner espoir à tous ceux qui ont exprimé leur colère et leur attente d’une vie meilleure : jeunes, chômeurs, paysans, artisans, ouvriers, classes moyennes. L’Allemagne reprendrait confiance en notre capacité de reconstruire ensemble l’Europe et une diagonale de leaders quadras avec Trudeau et Renzi pourrait émerger. Les marchés regarderaient autrement un pays enfin tourné vers l’avenir, ayant renversé la table de la plus belle des façons, c’est-à-dire en donnant le pouvoir à sa jeunesse.

La France est face à son destin. Il ne tient qu’à elle de vivre un grand moment de fierté et d’optimisme comme pour la victoire en Coupe du monde 1998, avec la dynamique de croissance qui accompagne toujours le succès. « Yes we can » : Obama, en appelant Emmanuel Macron, l’avait laissé entendre. Rendez-vous dans deux semaines.

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Macron en tête au premier tour – présidentielle 2017

En portant en tête dès le premier tour Emmanuel Macron, la France vient de se livrer à l’un de ces coups de théâtre qui jalonnent son histoire et en font une nation à nulle autre semblable.
Que de fois n’avait-on pas dit que l’élection présidentielle ne pouvait se jouer hors le cadre des Partis politiques traditionnels? Ou que la France, pays vieilli et rétif au changement, se réfugierait dans un vote conservateur?

C’est tout le contraire qui s’est produit.

Ils viennent de signifier leur volonté de changement, non seulement dans la conduite des affaires du pays mais aussi dans l’état d’esprit général. Assez de pessimisme et de récriminations. Sauvons l’Europe et redressons le pays, en y faisant repartir la croissance et l’ascenseur social: voici la feuille de route qui attend le futur chef de l’Etat et avec lui, les nouvelles générations qu’il incarne.

Interdiction de décevoir.
Le 7 mai, nous voterons donc, comme ce dimanche, avec l’ardent espoir de remettre la France En Marche.

Les Gracques

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Edito J-4 – Les Gracques avec Macron

Il faut appeler un chat un chat.

Marine le Pen n’est pas une patriote ayant de la poigne. C’est une femme autoritaire qui conduirait le pays comme elle a dirigé son parti. En muselant toute opposition, en semant l’intolérance au sein de la société , en nous sortant de l’Union Européenne et en s’ouvrant à l’influence des régimes de l’Est. Son programme est une imposture qui conduirait le pays au chaos et à la misère.

Jean-Luc Mélenchon n’est pas un pittoresque admirateur de l’Amérique latine doté d’une vision romantique de l’économie. C’est un homme politique ivre de sa propre parole, que l’orgueil conduit à insulter la presse libre, ignorer les droits de l’homme dans les dictatures qui flattent son ego et agresser l’Europe. Son programme est une caricature qui ruinerait le pays et ses classes moyennes.

François Fillon n’est pas le réformateur modèle qui s’est fait élire aux primaires de la droite contre Alain Juppé. Il est le candidat obligé d’une droite qui, incapable de s’unir, a laissé ses courants les plus réactionnaires prendre le contrôle de sa campagne. Cette emprise de « Sens commun » sur fond de casseroles l’empêcheront, quoi qu’il arrive, de tenir ses engagements initiaux.

Benoit Hamon est le tardif champion d’une gauche frondeuse qui a confondu revanche au sein du PS avec élection présidentielle. Chacun sait – lui le premier, que nous avions accueilli à notre Université d’été de 2008 – que faute de pouvoir accéder au second tour, les voix portées sur lui accroissent les chances des trois précédents. Il a appelé ses électeurs à opter pour Jean-Luc Mélenchon au second tour, nous les appelons à voter pour Emmanuel Macron dès le premier.

Car oui, à la veille d’un scrutin décisif où chaque voix comptera, les Gracques soutiennent la candidature d’Emmanuel Macron. Parce qu’il est le seul à partager toutes nos valeurs : compétence économique, engagement européen, liberté d’entreprendre, priorité à l’éducation, Solidarité pour les démunis, compréhension de la révolution numérique, apaisement des tensions sociales, conception non-partisane du gouvernement…

Parce qu’il saura rendre confiance aux Français et espoir aux Européens, le 23 avril nous voterons pour Emmanuel Macron.

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Edito J-5 – Les Gracques avec Emmanuel Macron

Alors que commence la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, de très nombreux électeurs n’ont pas encore arrêté leur choix, ni même décidé s’ils iront voter ou non, et quatre candidats peuvent encore espérer figurer au second tour. C’est une situation sans précédent.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon expriment la colère que ressentent de nombreux Français. Des Français qui ont le sentiment d’être dans une situation sans issue et sans espoir pour eux, et pour leurs enfants. Qui se sentent menacés dans leur identité et leur mode de vie par la mondialisation, les migrants, les nouvelles puissances économiques, les mutations technologiques. Abandonnés par l’Etat. Ils savent qu’appliquer les programmes de ces candidats ne résoudrait rien. Mais ils veulent sanctionner les sortants.

Et pourtant : quoi de plus traditionnel, au fond, que les postures de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ? Promettre ce qu’on sait ne pouvoir tenir sauf à faire le malheur de ceux-là mêmes dont on cherche les voix, ouvriers, employés, retraités… La colère est mauvaise conseillère. Après, il faut vivre cinq ans avec celle ou celui qu’on a élu. La vraie rupture avec la politique traditionnelle, c’est de promettre ce que l’on peut tenir. C’est ce que fait Emmanuel Macron. Il trace une voie où l’école donne à chacun sa chance, où chacun peut reprendre le contrôle de son existence, et où des services publics modernisés protègent ceux qui ont le plus besoin de protection.

François Fillon peine à rassembler son camp : rien d’étonnant à cela. Son image personnelle est atteinte. Surtout, son programme ne peut convaincre. Libéralisme économique sans frein ni contre-pouvoir, réduction mécanique des services publics, conservatisme social d’un autre temps : le vainqueur de la primaire s’est éloigné des valeurs qui inspiraient une large part de la droite classique et modérée.

Des centristes peuvent encore hésiter : un seul programme porte pourtant les valeurs qui sont les leurs, sur le respect de chacun, sur la manière de se conduire et la morale en politique, et veut une Europe qui permette à la France de rayonner dans le monde et de donner son plein potentiel.

Le Parti socialiste s’est choisi un frondeur pour candidat. Loin de chercher à rassembler, il s’est tourné vers la gauche radicale, qui l’a éconduit. Vers qui se tourner lorsqu’on a participé de la culture de gouvernement qui a été celle du Parti socialiste d’Epinay, du parti de Lionel Jospin et Michel Rocard, si ce n’est vers Emmanuel Macron ?

Dimanche soir prochain, il sera trop tard. Pour tous ceux qui croient que la France peut faire beaucoup mieux, et être plus juste, qu’elle peut retrouver confiance en elle-même, qu’elle peut protéger et défendre les plus démunis et donner à chacun les meilleures chances de réussir, avec un programme de transformation profonde et réaliste, il est possible d’exprimer leur choix en votant pour Emmanuel Macron. C’est ce que nous ferons.

Les Gracques

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Présidentielle 2017 : « Renverser la table, sans aveuglement »

Un collectif de 300 entrepreneurs et intellectuels appelle, dans une tribune au « Monde », à voter le 23 avril contre le choix des extrémismes ou de l’abstention.

Moins d’une semaine et les urnes rendront leur verdict. Plus que quelques jours donc pour écrire notre avenir. Pas seulement pour élire un président. Pour décider du destin de notre nation. Jamais l’avenir n’a semblé aussi incertain, et le monde entier a les yeux rivés sur la France.

Dans quelques jours, il ne sera en effet plus question de sondages, de commentaires, d’analyses sur «une campagne qui ne ressemble à aucune autre»… Il restera alors deux candidats, dont l’un sera élu quinze jours plus tard président de la République française.

Deux candidats, mais pas forcément deux options. Il faut être lucide sur notre situation collective. Les extrémistes ont le vent en poupe et l’on peut aisément comprendre pourquoi. La peur du chômage, les difficultés du quotidien, la montée des inégalités, les agressions terroristes, les tracasseries administratives, le coût de la vie, les insuffisances de l’Union européenne, tout cela fait beaucoup. Surtout quand s’y ajoute le feuilleton des manquements à la morale publique et au sens civique. On comprend dans ces conditions l’envie de renverser la table: la lassitude, le sentiment d’impuissance, la sensation du déclassement à l’heure où le projet France a tant besoin de renouveau et d’espérance.

La colère, cette mauvaise conseillère

Mais il y a plusieurs façons de renverser la table. Il y a la colère, cette mauvaise conseillère qui vise d’abord à punir ceux qui ont failli. Mais qui sera puni? Nous tous! Nous, les classes moyennes, les entrepreneurs, les professions libérales, les créateurs, les paysans, les ouvriers, les chercheurs, les étudiants, les chômeurs; nous tous, de la jeunesse de notre pays à ses retraités. Nous tous, des villes et des campagnes, des DOM-TOM comme de la métropole.

Parce que les extrêmes appuient leur discours sur des illusions, des fausses promesses et des cadeaux intenables. Parce que la réalité qui éclaterait dès le lendemain serait celle de taux d’intérêt qui exploseraient et rendraient impossible pour beaucoup de rembourser leur crédit de leur logement, de leur exploitation agricole, de leur véhicule. Parce que les investisseurs étrangers se détourneraient immédiatement de notre pays, nous mettant dans l’incapacité d’emprunter comme de payer nos fonctionnaires. Parce que tout ce que nous importons, à commencer par le litre d’essence, verrait sa facture exploser. Parce que les pensions des retraités perdraient instantanément de leur valeur. Parce que nos exportations seraient irrémédiablement freinées par des représailles contre notre soi-disant «protectionnisme intelligent». Voilà où peut conduire la colère, le repli sur soi, la négation de nous-mêmes. Une punition collective et individuelle aux effets immédiats.

Il y a aussi l’abstention. On peut entendre le rejet et la déception, mais ce choix du non-choix, cette carte blanche laissée à n’importe qui et notamment au pire, est un danger pour nous tous.

Le 24 avril au matin, il sera trop tard pour regretter

On peut aussi faire le choix de la raison. Le choix froid et lucide de renverser la table sans aveuglement. D’en finir avec ceux qui dans la classe politique se renvoient la balle depuis plusieurs décennies sans jamais tenir leurs promesses. Avec le jeu des partis, où l’on a renoncé à penser pour se constituer en castes d’élus, conservateurs par nature et dogmatiques par paresse. Avec l’immobilisme par souci de préserver les rentes, sans se soucier du blocage de l’ascenseur social, de la montée des inégalités ou du sentiment d’insécurité qui gagne la population. Oui, on peut aussi choisir de renverser la table dans un mouvement positif et optimiste qui consiste à croire en notre chance d’aller de l’avant ensemble.

Voici le choix qui se présente à nous. Céder à la colère ou au renoncement en nous abstenant de voter. Le 24avril au matin, il sera trop tard pour regretter. Le 23avril, allons voter la tête froide et le coeur en paix, pour l’idée que nous nous faisons de la France et de son avenir.

Ce manifeste est signé par un collectif de plus de 300 chefs d’entreprise, entrepreneurs, dirigeants, artisans, professions libérales et intellectuels.

Les 80 premiers signataires sont :

Lidgy Adelaïde (La Mode à la rue), Michaël Amar (Ifeelgoods), Olivia Asseo (Familin Paris), Brice Auckentahler (Tilt ideas), Nihel Bemrah (Nanny Please), Frédéric Benqué (US Invest), Etienne Bernard (Bernard Controls), Grégoire Biasini (Palomar), Pascal Blanchard (historien), Deborah Brown Plivain (Gentle Gourmet), Laurent Bruloy (groupe Looping), Nicolas Bühler (entrepreneur), Cécile Cellier (entrepreneur), Philippe Chainieux (Made.com), Catherine Chaulet (DMC Partners), François-Xavier Chupin (Sport Finance), Sophie Combes (entrepreneur), Bruno Cremel (entrepreneur), Patrick Daher (entrepreneur) Paulin Dementhon (Drivy), Slav Djoudjev (Green Mile), Guillaume-Olivier Doré (Robin’Finance), Camille Dubac (écrivain), Gaël Duval ( jechange.fr ), Michel de Fabiani (entrepreneur), Fabrice Del Taglia (Nomade Aventure), Amélie Faure (Launchmetrics), Olivier Flecklinger (entrepreneur), Stéphane Fontaine (entrepreneur), Nicolas Fourt (entrepreneur), René Frydman (médecin), Pierre Gallix (président d’association), Arnaud Gangloff (entrepreneur), Sylvain Gauthier (Easy Vista), Bernard Gilly (Gensight Biologics), Arnaud Giraudon (entrepreneur), Agathe Giros (The Editorialist), Mathias Hautefort (Vitis), Denis Jacquet (Edufactory), Benoît Jardin (Le Perche Agricole), Didier Kayat (Daher), Monique Labbé (Critère), Anne Lalou (Web School Factory), Jéremy Lamri (Monkey Tie), Hervé Le Bras (démographe), Alexandre Le Moil (Novamob), Antoine Lussignol (entrepreneur), Alexandre Nicolas Marin (entrepreneur), Bernard Michel (Gecina), Rudolf Mouradian (groupe Eloi), Guillaume Multrier (entrepreneur), Michel Ninou (entrepreneur), Agnès Pannier (entrepreneur), François Poitrine (entrepreneur), Pierre Pringuet (Association Française des Entreprises Privées), Jean-François Rial (Voyageurs du Monde), Antony Rodes (Sellneeds), Jean Rognetta (PMEFinance-EuropeEntrepreneurs), Laurent Sabatucci (EOL), Angelos Souriadakis (Ylios), René Sylvestre (entrepreneur), Philippe Tibi (Pergamon), Agnès Touraine (Act III Consultants), Pascal Vermeersch (entrepreneur), François Veron (entrepreneur), Emmanuelle Vignaud (entrepreneur), Gilles Widawski (APS groupe), Lionel Zinsou (entrepreneur)…

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