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Nouvelles propositions de Peter Hartz pour l’emploi !

Quelques « innovations Hartz » pour l’emploi et contre le chômage des jeunes

Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen, est l’inspirateur des réformes Schröder en Allemagne et des quatre « lois Hartz » sur le marché du travail. Il a depuis continué à réfléchir avec quelques membres de sa commission et est venu le 29 mai dernier présenter à Paris ses propositions contre le chômage des jeunes en Europe. Il s’agirait de lancer un programme « Europatriates » en six points :

Œ1. diagnostic individuel des talents (Talentdiagnostik

2. « radar de l’emploi » régional s’appuyant sur les données fines des besoins locaux d’activité non satisfaits

3. un vrai « social franchising » : un réseau de compétences en accompagnement des entreprises nouvelles, « qui ne doivent pas être laissées seules »

4. recours prioritaire aux flexibilités internes à l’entreprise (accords compétitivité-emploi, Kurzarbeit/chômage technique)

Les propositions les plus originales consistent en deux outils incitatifs à l’embauche de chômeurs, et au développement de la formation en entreprise, voie d’insertion professionnelle éprouvée pour les jeunes allemands :

1. Le « bon de formation échangeable » matérialisant un droit à la formation pour un jeune sans emploi, sous forme d’instrument financier librement cessible

2. Le « paquetage financier » [ou « job floater »], liant l’embauche d’un chômeur à l’accès privilégié à des ressources en capital et en crédit pour l’entreprise

Le bon de formation échangeable

Il s’agit ici d’encourager le développement de la formation professionnelle des jeunes, au travers d’un nouvel instrument financier matérialisant un droit à la formation.

Ces titres seraient émis par un fonds spécifique, garanti par l’Etat. Ce fonds serait alimenté par des crédits publics (Etats, collectivités locales, enveloppes de la formation professionnelle) comme des crédits privés (entreprises européennes ayant des besoins d’embauche). Les financeurs s’assureraient de la qualité des formations professionnelles dispensées – modèle du « Dual system » allemand ou des filières d’apprentissage et d’alternance en France – ; la concurrence sur le marché de la formation ferait le reste de la pression vers l’efficacité. Ils présenteraient les caractéristiques d’un instrument obligataire librement cessible sur le marché et assorti d’un coupon. Leur originalité résiderait dans la possibilité pour un jeune de les remettre à une entreprise en échange d’une formation professionnelle. L’entreprise se ferait rembourser la valeur des titres auprès du fonds émetteur pour financer la formation.

Ces bons pourraient être souscrits à titre individuel par l’environnement familial comme instrument d’épargne et de transmission, ou en partie alloués dans le cadre de politiques ciblées.

L’incitation pour l’entreprise serait à la fois de nature financière par le différentiel de valeur entre le bon échangeable et le coût de la formation, et de nature économique par les bénéfices de l’embauche ultérieure d’un jeune formé dans son environnement propre.

On peut noter qu’un bon échangeable de même inspiration (Wertpapier) a été développé par Volkswagen pour le financement des préretraites ; dans ce cas les salariés en poste pouvaient souscrire à des bons de préretraite échangeable au moment de leur départ effectif.

Le paquetage embauche-financement

Ce dispositif consisterait à doter chaque chômeur à titre individuel d’un volume de financement en capital et en crédit destiné à l’entreprise qui l’embauchera.

Le demandeur d’emploi se présenterait ainsi à l’entreprise non seulement avec ses compétences et sa capacité de travail, mais il apporterait aussi avec lui dans son « paquetage »  une contribution à la consolidation financière du bilan de son futur employeur. Ce dispositif est à la fois valorisant à titre individuel, incitatif pour l’entreprise et économiquement efficace dans l’allocation des ressources complémentaires pour le développement de l’activité.

L’effet incitatif serait particulièrement pertinent pour les PME dont la croissance peut être contrainte par l’accès au capital et au crédit.

Un ordre de grandeur de 50k€ en quasi-capital, plus 50k€ en crédit pourrait être considéré pour chaque nouvel embauché.

Le capital pourrait prendre la forme d’une dette subordonnée souscrite par un établissement public –de type BPI-, tandis que le crédit pourrait être octroyé par une banque commerciale.

En tout premier ordre de grandeur, le volume maximum de quasi-capital à mobiliser serait de 250Md€, et le volume de crédit identique pour doter 5 millions de demandeurs d’emploi, le phasage du déblocage effectif des fonds dépendant du rythme des embauches.

Ces instruments pourraient être mis en place au niveau national. Un objectif plus ambitieux serait de les développer au niveau européen, ou au moins dans le cadre de la collaboration de plusieurs pays participants. En s’assurant de la compatibilité des dispositifs nationaux, on s’attacherait notamment à tirer parti de l’expérience allemande en matière de formation professionnelle, et à faciliter la mobilité des demandeurs d’emploi vers les entreprises les plus demandeuses.

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Débat du 5 octobre : un pacte civique pour l’emploi

Venez débattre sur le thème « Un pacte civique pour l’emploi ? » avec Jean-Baptiste de Foucault et Laurent Berger, Secrétaire national de la CFDT en charge des questions d’emploi que nombreux sont ceux à présenter comme le successeur potentiel de François Chérèque.

Débat Pacte civique pour l'emploi

Cela se passe à Sciences Po, amphi Chapsal, mercredi 5 octobre 2011 de 19h15 à 21 heures.

Dans la célèbre interview qu’il a donné aux INROCKUPTIBLES en 1995, Michel Rocard définissait l’autogestion comme : « l’idée que la meilleure solution des problèmes de conflit parmi les hommes est celle de la négociation de proximité que les parties en conflit délimitent, car nul n’a trouvé les formes de l’intelligence collective et du commandement centralisé qui permettent, d’en haut de définir les solutions qui seront mieux comprises en bas. ».

Les Gracques s’inscrivent pleinement dans cette lignée, et la société du respect que nous ambitionnons s’étend à tous les domaines du monde travail et même plus loin : respecter plus les personnes en situation d’exclusion en leur donnant les moyens pour s’organiser afin de co-construire les politiques qui les concernent, respecter plus les chômeurs de longue durée, en étendant l’assurance-chômage aux dépens des minimas sociaux qui ont pris trop de place, et en créant une obligation d’embauche pour les entreprises et les administrations, respecter le droit d’accès de chacun aux grands réseaux de la vie sociale, quel que soit son revenu, etc.

Conseiller en insertion professionnelle de métier, Laurent Berger est un ancien dirigeant de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et l’ancien patron de l’union régionale interprofessionnelle (URI) des Pays de La Loire de la CFDT. Il s’est récemment illustré comme négociateur dans les dossiers sensibles du « dialogue social dans les TPE » et des chômeurs en fin de droits à l’assurance-chômage. Il est aujourd’hui Secrétaire national de la CFDT en charge des questions d’emploi et nombreux sont ceux à le présenter comme le successeur potentiel de François Chérèque.

Après une scolarité à Sciences Po et à l’ENA, Jean-Baptiste de Foucauld intègre la Direction du Trésor duMinistère des finances, puis l’Inspection des finances. Commissaire au plan, membre du Conseil d’orientation des retraites, puis membre du Conseil d’orientation pour l’emploi, administrateur de Pôle emploi, fondateur et président d’associations, il est spécialiste des questions d’emploi, de lutte contre le chômage et de solidarité. Il promeut aujourd’hui « Le Pacte civique », un appel à penser, agir et vivre autrement en démocratie pour inventer un futur désirable par tous (http://www.pacte-civique.org).