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Refonder l’Europe sociale

Le constat est simple : les citoyens européens considèrent les inégalités comme un problème d’une urgence pressante et se montrent plutôt pessimistes quant à sa résolution dans les années à venir. Ce pessimisme peut se comprendre, tant les discours sur l’Europe sociale se limitent souvent à des grands principes généraux. Certes, les défis auxquels fait face l’Union européenne sont de plusieurs ordres. Cela étant, les questions sociales revêtent une importance particulière car elles alimentent les forces centrifuges et la défiance envers le projet européen. 

Pour autant, la volonté de donner à l’Europe un « triple A social » affichée par Juncker en début de mandature n’est pas restée lettre morte. Des avancées doivent être notées et les évolutions peuvent se faire à droit constant, en repensant l’usage des outils dont les gouvernements disposent.  

Dans cette note sur l’Europe de la solidarité, France Stratégie formule ainsi des propositions opérationnelles, concrètes et conformes au principe de subsidiarité, afin de faire coïncider les aspirations des citoyens européens avec l’action communautaire. 

En 2017 au sommet de Göteborg, les Etats membres se sont engagés en faveur d’un socle européens de droits sociaux. Est-ce purement symbolique ? 

Les 28 ont en effet approuvé à l’unanimité le socle européen des droits fondamentaux, ce qui est une avancée très importante. Il s’agit maintenant pour eux de mettre leurs actes en accord avec leurs engagements. Sans porter atteinte aux nécessaires marges de manœuvre dont doivent disposer les Etats, il est possible de conférer une vraie force à ces droits. En début de mandature, les gouvernements devraient élaborer une stratégie de progrès social qui serait ensuite soumise à l’appréciation des autres Etats membres. La définition d’une telle stratégie conditionnerait l’accès à tout ou partie des fonds européens de cohésion. Au même titre que les Etats ont à présenter une stratégie budgétaire, il semble réaliste de leur demander un effort similaire en matière sociale.

Comment minimiser les coûts sociaux de l’intégration économique européenne et que faire des perdants des politiques mises en œuvre  ? 

L’amélioration des conditions de vie vient essentiellement du progrès technique et de l’innovation, mais toute transformation crée inévitablement des perdants. Depuis longtemps, les économistes répondent à ce problème en disant qu’il ne faut pas freiner le progrès et qu’il suffit de compenser les perdants. 

Mais plus qu’une compensation toujours difficile à mettre en œuvre et à financer, il s’agit d’accompagner véritablement ceux qui les subissent afin qu’ils puissent saisir les opportunités de rebond. C’est un impératif d’équité comme un impératif d’efficacité collective, sans quoi la société ne pourra faire les mutations nécessaires pour affronter les défis globaux. La transition écologique illustre bien cette tension : la fermeture d’une centrale à charbon se solde mécaniquement par une suppression d’emplois. Si on ne peut renoncer à une politique en faveur du découplage écologique, on ne peut non plus la mettre en œuvre sans accompagner les citoyens qui en pâtissent. Des fonds existent pour cela. Reste encore à les rendre plus agiles : plus facilement mobilisables en cas de crise, mais aussi en amont quand les mutations sont prévisibles – dans le cas de la fermeture d’une usine liée à la baisse de la production de moteurs diesel par exemple. Le recours à des mécanismes de marché viendrait compléter la mobilisation de ces ressources publiques. Le fonds Spinelli, en accordant des prêts contingents pour financer les besoins en formations des citoyens, favoriserait ainsi l’investissement dans les compétences, sans faire peser de contrainte budgétaire supplémentaire sur les Etats membres. 

Quelle est la place des jeunes dans l’Europe sociale ? 

Elle est essentielle. L’un des leviers de lutte contre les inégalités socio-culturelles pourrait être l’échange interculturel, un échange qui ne laisserait pas de côté des jeunes les plus défavorisés. Il existe aujourd’hui encore des obstacles énormes à la mobilité des jeunes, or il faudrait que cette mobilité devienne naturelle, que les jeunes puissent concevoir leurs parcours académiques puis professionnels comme des parcours européens. Pour cela, il est possible de repenser le projet Erasmus : un séjour dans un pays tiers de l’Union deviendrait nécessaire à  la validation d’un diplôme de l’enseignement supérieur sanctionnant plus de trois ans d’études. La mobilité ne doit pas être réservée aux jeunes qui en ont les moyens financiers. Un système d’échanges croisés serait ainsi mis en place, les logements étant échangés le temps du séjour. Des subventions seraient accordés aux jeunes dans des situations précaires, afin qu’ils ne soient pas pénalisés par ce système.

Ce principe de l’échange européen pourrait être étendu aux jeunes de 15 à 17 ans, en filière générale et professionnelle. Le séjour durerait alors le temps d’un trimestre, avec un accueil dans la famille du correspondant. 

Naturellement, on peut anticiper les réactions méfiantes que susciterait la mise en place d’un tel projet : quid de la barrière de la langue ? Ne serait-ce pas trop en demander à un élève en plus de son travail pour le bac ? Comment surmonter les barrières psychologiques ? Il y a des réponses à toutes ces objections légitimes mais il ne faut pas sous-estimer non plus les ressources dont disposent les jeunes.  La plupart du temps, les facultés d’adaptation dont ils font preuve sont formidables et ne cessent de nous surprendre. Misons sur eux pour donner vie à l’Europe de la solidarité. 

Retrouvez l’intégralité de la note et des propositions : https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-na75-2019-europe-sociale-3avril.pdf


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Le 26 mai : votre voix compte

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Europe Evènements

Sommet des réformistes européens du 17 novembre 2018

Sommet des réformistes européens

Samedi 17 novembre 2018 (14h – 18h)

Grand Amphithéâtre de la Sorbonne
47 rue des écoles 75005 Paris

À quelques mois des élections européennes, face à la montée du populisme, pour dépasser nos divisions et défendre un projet progressiste pour l’Europe venez débattre avec nous du futur de l’Union européenne.

Après un état des lieux de l’opinion européenne et une estimation des possibles résultats du scrutin de mai 2019, deux tables-rondes se succéderont :

  • L’Europe face aux populismes
  • L’Europe : s’unir dans la diversité

S’inscrire >>

INFORMATIONS PRATIQUES :
Métro 4 : Saint-Michel
Métro 10 : Cluny-La Sorbonne
RER B : Luxembourg
Bus 63, 86, 87 : Cluny

Nous vous prions de bien vouloir arriver 45 minutes en avance pour effectuer les contrôles de sécurité.

 

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PMA : appel pour un plan fertilité

Tribune publiée dans Libération le 24 septembre 2018 par:
René Frydman, gynécologue, membre des Gracques,
Alain Houpert, sénateur de la Côte-d’Or, médecin radiologue,
Christian Hervé, président de l’Académie d’éthique, médecine et politiques publiques

Alors que les annonces successives de l’ordre des médecins puis des évêques de France promettent une nouvelle bataille pour les évolutions des lois de bioéthique sur la procréation médicalement assistée (PMA), il nous apparaît urgent de nous poser les bonnes questions. Depuis quarante ans, la PMA est un combat permanent entre les progrès scientifiques et les limites éthiques acceptables. Ces dernières doivent être uniquement basées sur la non-commercialisation du corps humain, la non-utilisation de l’autre à son profit et sur le caractère moralement délétère ou non pour les acteurs de telles ou telles pratiques médicales. Or, actuellement, les éventuelles évolutions de la loi sont parasitées par des détracteurs qui font bifurquer le débat de la PMA vers celui de la gestation pour autrui (GPA), à laquelle nous nous opposons sans réserve pour les raisons citées plus haut.

Notre combat est tout autre : il est celui de la lutte contre l’infertilité. Les arguments des opposants à la PMA se sont déjà fait entendre il y a plus de quarante ans, lors de la naissance d’Amandine, le premier «bébé-éprouvette» né en France. Or, depuis ce temps, il n’y a eu aucune dérive dans le domaine de la reproduction humaine puisque cette discipline est encadrée sur le plan légal, technique et éthique. Non, aucun abus, mais des désirs d’enfants venus s’incarner auprès de parents aimants. Notre objectif est clair : lutter contre l’infertilité afin d’offrir aux patientes de meilleurs résultats cliniques. Nous voyons plusieurs actions à mener dans ce combat qui pourrait s’incarner au niveau national dans un «plan fertilité» que nous appelons de nos voeux. Les nouveaux visages de la société imposent une réflexion urgente afin que la PMA soit en adéquation avec notre temps. Des décisions doivent être prises dès maintenant.

C’est aujourd’hui qu’il faut donner des moyens à une information rigoureuse et accessible sur les causes de l’infertilité due à l’environnement : tabac, polluants, comportements alimentaires… C’est aujourd’hui qu’il faut médiatiser des campagnes d’information sur l’infertilité liée à l’âge féminin, avec une information systématique par la Sécurité sociale passé 30 ans… C’est aujourd’hui qu’il faut donner les moyens à la recherche sur la reproduction, alléger les procédures administratives et favoriser ce champ d’investigation en empêchant le blocage systématique par des lobbys idéologiques… C’est aujourd’hui qu’il faut élargir le recours à l’analyse génétique de l’embryon dans toute situation problématique (âge, fausse couche, absence d’implantation). Envisagé comme un allié des couples et des équipes médicales, cet examen permettrait une meilleure compréhension d’une donnée qui demeure encore mystérieuse : pourquoi 60 % des embryons ne deviendront jamais des nouveau-nés ?

C’est aujourd’hui qu’il faut autoriser l’autoconservation des ovocytes. Aucun argument de fond ne s’oppose à ce principe de conservation des gamètes, par ailleurs réalisable chez l’homme mais uniquement dans un processus de «double peine» pour la femme : celle-ci ne peut y prétendre que si elle a un cancer ou une autre maladie altérant sa fertilité, ou si elle accepte un don d’ovocytes. Dans tous les autres cas, elle est interdite. Ne faut-il pas plutôt envisager l’autoconservation des ovocytes comme un libre choix des femmes de repousser la date d’une maternité tout en conservant le meilleur de leur potentiel de reproduction ? Les modalités peuvent être discutées, le principe non. De plus, c’est faire abstraction d’une réalité : moyennant quelques milliers d’euros, des Françaises passent déjà la frontière et font conserver leurs ovocytes en Espagne ou en Angleterre… Cette clandestinité – tout comme les arguments des opposants à la PMA – rappelle les heures douloureuses d’avant la légalisation de l’IVG, et ressemble avant tout à une atteinte aux droits des femmes à disposer de leurs corps et d’être maîtresses de leurs choix de vie.

C’est aujourd’hui qu’il faut promouvoir le don de gamètes en France en élargissant le nombre de centres publics (trop peu nombreux) et privés (actuellement exclus de cette procédure, bien que non commerciale) qui souhaitent s’impliquer dans ce programme et en autorisant une large information sur le don, actuellement réduite à une unique campagne annuelle. Il faut mettre un terme à un «tourisme du bébé» lucratif à l’étranger pour le don de gamètes que la Sécurité sociale française rembourse en partie, alors que cette procédure est interdite sur ce mode en France. Juge-t-on la médecine française incapable de suivre les patientes dans le cadre habituel de tout acte médical ?

C’est surtout aujourd’hui qu’il faut s’attaquer au problème de l’anonymat du don, a fortiori, si le gouvernement propose une ouverture de la PMA aux femmes seules, procédure qui doit être médicalement et psychologiquement accompagnée comme le font certains collègues à l’étranger. Arrêtons les hypocrisies et les faux-semblants de la parentalité dans le cadre du don anonyme imposé. Ceci a fait son temps, la revendication du droit aux origines et le modèle anglo-saxon doit nous faire étudier la levée de l’anonymat dans un système où la volonté du père, de la mère, de l’enfant et donneur·euse serait respectée.

Ce que nous voulons, c’est un débat serein, des lois cohérentes et un dispositif efficace pour offrir aux femmes les meilleures chances de concevoir. Traiter l’infertilité est un devoir médical, satisfaire les désirs tant qu’ils n’empiètent pas sur les libertés individuelles est un axe démocratique. Est-ce à dire qu’il y a un «droit à l’enfant»? Non! C’est pourquoi nous proposons – sauf cas particuliers – une participation financière progressive de chacun à la réalisation d’une PMA, afin de constituer un fonds public de recherche dédié à cet objectif dans le cadre d’un plan national de lutte contre l’infertilité. Le problème majeur est d’améliorer les résultats dans notre pays et de faire une offre de soins la plus performante possible. Sinon, à quoi servirait une répétition ou une extension sociétale en faveur d’une procédure qui reste en deçà des espoirs de réussite? Se donner les meilleures chances dans le domaine de la reproduction humaine n’est pas jouer aux apprentis sorciers ni défier la nature, mais voir s’épanouir des enfants fruits d’un réel désir de donner la vie.

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Economie Evènements

Les Gracques aux Rencontres Economiques d’Aix en Provence 2018

Cette année encore, les Gracques seront présents lors des Rencontres d’Aix. Nous participons aux débats des Voix de l’Economie et de nombreux Gracques seront présents pour aborder la question des ruptures technologiques et des conséquences sociales, économiques et éthiques qu’elles emportent.

Lors d’un débat unique qui aura lieu le vendredi 6 juillet après midi, les représentants de 15 think tanks parmi les plus réputés de notre pays , dont Les Gracques, accompagnés d’une dizaine d’intervenants – témoins internationaux tels Jonathan Taplin, Fabienne Arata, Barry Lynn ou Carla Aerts vont discuter de la nécessité d’un New Deal face à cette révolution inédite.

Devant un quasi changement civilisationnel, 4 questions majeures, 4 choix de société se posent à nous:

  • Jusqu’où faut il contrôler internet?
  • Doit-on interdire la recherche sur les embryons?
  • Les Fakenews auront elles la peau de la démocratie?
  • Les GAFAS/BATX sont-ils les nouveaux maîtres?

Ces 7 débats coordonnés par l’Acsel et le Cercle des économistes vont rythmer le vendredi après midi dans les locaux de Aix-Marseille université à Aix-en-Provence, en parallèle des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence. Le dernier débat portera sur les nouveaux enjeux de la science portées par les nouvelles technologies et des enjeux de régulation ou de réglementation internationale des acteurs de la donnée, en présence de Marie-Laure Sauty de Chalon et de René Frydman pour les Gracques et de Benjamin Coriat (Université Paris XIII).

Ces débats sont ouverts à toutes et tous, sur inscription : www.lesrencontreseconomiques.fr 

 

Rencontres économiques d'Aix-en-Provence
Rencontres économiques d’Aix-en-Provence

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La création d’entreprises innovantes, c’est aussi et surtout en France ! Pour un soutien aux pépinières d’entreprises

Zones d’Innovation et de Croissance

La France est dotée d’un écosystème de 440 pépinières et incubateurs d’entreprises, qui hébergent 8500 startups créé environ 40.000 emplois par an !

Cet écosystème existe depuis 40 ans, il est essentiellement soutenu par des organismes publics (Chambres de commerce, Régions, Communautés de communes). Cependant les pépinières et incubateurs n’ont aucune reconnaissance particulière de la part de l’Etat sur le plan social, économique et fiscal.

Ces lieux sont considérés comme de simples « loueurs de bureaux ».

Cette situation est tout à fait scandaleuse au vue des missions d’animation et d’accompagnement qui incombent aux pépinières et aux incubateurs. Missions qui nécessitent des charges d’équipement et de personnels qui n’ont rien à voir avec la simple gestion locative d’un bureau.

Il convient donc de leur accorder un statut, et par là-même, une reconnaissance leur permettant d’assurer leur mission et de se développer.

C’est le sens de la proposition de créer les Zones d’Innovation et de Croissance qui serait la nouvelle définition administrative pour les pépinières et incubateurs.

Ces ZIC s’inspirent des zones franches, dont les missions sont assez similaires en particulier en matière de croissance et de création d’emplois.

Nous proposons une série de mesures cohérentes, justifiées, simples à appliquer et à contrôler.

Exonération totale pour les pépinières et incubateurs de la taxe foncière et de la taxe sur les bureaux et en conséquence une diminution du coût des loyers pour les startups hébergées.

Exonération de l’impôt sur les bénéfices des sociétés pendant 5 ans pour la structure qui hébergent et pour les startups hébergées.

Exonération des charges sociales patronales pour la part des salaires inférieurs à 1,5 fois le smic, que ces emplois soient dans les startups ou dans les pépinières et incubateurs.

Le législateur pourrait accepter de faire bénéficier ces pépinières et incubateurs de l’avantage fiscal accordé aux dons (Déduction d’impôt à concurrence de 66% des sommes versées). Cela permettrait à des entreprises ou à des particuliers de venir contribuer au financement « d’opérations spéciales » hors fonctionnement courant.

En allégeant les charges des pépinières et incubateurs et en conséquence celles de leurs startups on rend le lieu plus autonome et moins dépendant des collectivités locales et on en facilite le développement et augmente son attractivité.

On diminue aussi le taux d’échec des startups qui est moins important pour une startup accompagnée dans une pépinière ou un incubateur.

Par ailleurs, il est indispensable et logique que le privé se mette à créer des pépinières et incubateurs. Peu d’exemples existent aujourd’hui (Pépinière 27, Village du Crédit Agricole, Station F…).

La rentabilité de l’investissement immobilier, préalable à la création d’une pépinière d’entreprises, ne pouvant dans ce cas dépasser 1% par rapport à des minima de 4% escomptés, nous proposons la création d’un avoir fiscal annuel de 3% de l’investissement immobilier sous la forme d’une déduction sur les autres revenus fonciers.

En contribuant au développement des startups implantées sur tout le territoire on démontre que l’innovation est partout et qu’elle irrigue le pays dans tous les domaines économiques.

En créant un « statut » pour les pépinières et incubateurs et les startups qu’elles hébergent on conforte le succès de cet écosystème, on sanctionne sa place économique et sociale dans le développement du pays, on assure son développement public et privé. On envoie un message politique fort en matière d’innovation, de croissance et d’emploi.

On montre enfin que la création d’entreprises innovantes c’est aussi et surtout en France et pas seulement dans la Silicon Valley, à New York, Londres ou Tel Aviv…

C’est ici et maintenant que ça se passe. C’est maintenant qu’il faut le reconnaitre et le faire savoir.

René Silvestre

Président du Réseau National des Pépinières d’Entreprises

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«Nous voulons créer le premier parti paneuropéen»

Article original publié dans Libération >> «Nous voulons créer le premier parti paneuropéen»

Petit regroupement citoyen qui développe des branches dans plusieurs pays de l’UE, le mouvement Volt se lance le 17 février en France.

Volt. Etonnant nom pour un parti politique. «Nous voulons redynamiser l’Europe c’est pour cela que nous avons choisi comme nom l’unité de la tension électrique, explique Andrea Venzon, 26 ans, fondateur et président de ce jeune mouvement citoyen très peu connu en France. C’est aussi un mot qui est le même dans plusieurs langues de l’UE.» Lancé en mars 2017, alors que l’article 50 du traité de Lisbonne est invoqué par la première ministre britannique Theresa May pour enclencher la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le mouvement a de grandes ambitions.

«Nous voulons devenir le premier parti politique paneuropéen, détaille Andrea Venzon. Avoir des représentants aux échelles locale comme nationale dans plusieurs pays de l’Union.» Volt, qui n’est pas encore officiellement un parti, regroupe pour l’instant à peine 1 400 soutiens dans l’UE, avec des groupes actifs en Italie, Allemagne, Roumanie, Espagne, Pologne, Grèce. Il se lance samedi en France.

Des idéaux «progressistes»

Les militants ont commencé l’entraînement des candidats choisis pour les élections européennes de 2019, bien que les différentes stratégies nationales ne sont pas encore finalisées. «Nous ne fermons pas la porte aux politiques professionnels pour intégrer nos listes, mais nous regroupons, pour l’instant, surtout des candidats citoyens», ajoute Andrea Venzon.

Volt puise surtout dans le vivier de jeunes pro-Européens qui désirent s’opposer aux attaques europhobes de certains partis populistes et de gouvernements, dont la voix se fait de plus en plus forte. Environ 70% des membres du mouvement n’auraient jamais fait partie d’un parti politique auparavant.

«Nous ne sommes ni de droite ni de gauche», décrit le fondateur du mouvement qui se définit comme «progressiste». Un manifeste publié sur leur site décrit leur ligne politique sur trois axes: «maximiser la prospérité […] d’une manière durable», «éliminer les préjugés et les inégalités», qui ont donné la place aux mouvements d’extrême droite, pour faire avancer leurs idées, décrit le texte, et renforcer «l’intégration européenne […] dans un futur proche». 

«Nous voulons réussir à former le premier groupe indépendant au Parlement européen. Nous espérons obtenir des membres élus dans 7 pays, poursuit l’ancien consultant en stratégie, qui rêve d’une organisation fédérale de l’Europe proche du modèle américain. Mais c’est difficile.» Volt, pour l’instant composé de bénévoles, peine à se faire connaître au milieu des partis traditionnels nationaux. 2018 va être une année cruciale alors qu’ils préparent le lancement officiel de leur campagne électorale à l’automne prochain.

Cependant, le 7 février, le Parlement européen a voté, à une large majorité, contre la création de listes transnationales pour les élections européennes, une proposition chère à Emmanuel Macron. Les membres de Volt n’ont, malgré cela, pas l’intention d’abandonner leur projet. «Nous allons présenter des candidatures dans les différents pays où nous sommes présents via des partis nationaux, comme Volt France ou Volt Italie, qui seront coordonnés par l’organisation-cadre Volt Europa», déclare Andrea Venzon. Pour l’instant, le jeune mouvement reste largement inconnu en France. Les équipes de Volt comptent sur l’événement organisé dans le XIIe arrondissement parisien, samedi, pour commencer à se faire connaître dans l’Hexagone.

Leur utopie d’un parti représenté dans tous les pays de l’UE n’est pas nouvelle. Yánis Varoufákis, l’ex-ministre de l’Economie grec, a lancé son propre mouvement européen en février 2016: DiEM25. Avec ses 65 000 membres revendiqués, il lorgne aussi les élections européennes de 2019 pour s’inscrire dans le paysage politique de l’UE.

Article publié dans Libération par Aude Massiot

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Volt : le mouvement de jeunes qui veut électriser l’Europe

Article publié le 9 avril 2018 sur Café Babel

C’est le mouvement pro-européen le plus jeune du continent. Une année seulement après sa création, il compte déjà plus de 3 000 adhérents, avec une moyenne d’âge de 30 ans. L’ambition : se porter candidat aux élections du Parlement européen de 2019. Et gagner. Alors, Volt va-t-il électriser l’UE ? C’est ce qu’on est allé voir à Milan, avec un des ses fondateurs, Andrea Venzon.

« Chaque fois qu’il y a un grand défi à relever, l’Europe se divise et se prend une déculottée. » Andrea Venzon, le co-fondateur du mouvement politique progressiste européen Volt (anciennement Vox Europe) ne mâche pas ses mots pour décrire l’impasse qui caractérise la politique du Vieux Continent depuis des années. « Cela a été le cas pour la crise des réfugiés et il en sera de même pour les prochains défis qui attendent l’Union européenne dans un avenir proche. C’est comme si, pour rester unis, nous avions toujours besoin d’un « ennemi » commun. Lorsqu’il n’y en a pas ou qu’il est difficile à identifier, ce sont l’égoïsme et les intérêts nationaux qui l’emportent ». C’est donc avec Volt qu’un groupe de jeunes passionnés a pour objectif de donner une véritable décharge à l’Europe.

L’électrochoc du Brexit

Assis à la table d’un bistrot par une belle journée printanière, Andrea Venzon nous raconte cordialement et sans faux-semblant comment un mouvement politique à l’ambition continentale voit le jour et s’organise aujourd’hui. Autour des tables voisines, nous voyons défiler des hommes d’affaires, des touristes et des employés  de l’avenue Corso di Porta Nuova à Milan. S’ils se déplacent tous avec la même hâte, ils s’arrêtent néanmoins le temps d’un instant. Sans se retourner, ils suspendent soudainement la conversation avec leurs voisins de table pour tenter de saisir le raisonnement du jeune leader, qui est en train de donner une interview. Le prélude à une répétition générale d’un futur meeting en direct sur Facebook ?

À 26 ans, l’Italien Andrea Venzon a décidé de s’engager en politique alors qu’il menait déjà une carrière dans le privé. Une décision loin d’être banale à une époque où les jeunes souhaitent au contraire s’éloigner de la politique. Au lendemain du référendum sur le Brexit, Andrea Venzon caresse alors le rêve de fonder un mouvement politique paneuropéen, en réaction à la passivité des élites politiques face au résultat de la consultation britannique. Comme souvent, c’est à l’issue de discussions et débats avec des amis et des collègues que Volt a vu le jour. En plus de notre homme, l’équipe fondatrice se compose d’une Française, Colombe Cahen-Salvador, et d’un Allemand, Damian Boeselager. Volt a été officiellement fondé le 29 mars 2017, date qui coïncide à l’envoi formel de la lettre de notification de l’article 50 du traité de Lisbonne par la première ministre Theresa May. Le courrier qui a marqué le point de non-retour de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Nous voulons redonner une âme à l’Europe, souligne Andrea Venzon. En commençant par l’attribution du plein pouvoir législatif au Parlement européen pour aller au-delà du chantage continu des gouvernements nationaux ».

Le fondateur milanais parle avec beaucoup de calme, sans prendre de grands airs : « Après tout, nous sommes au début du projet ». Le jeune homme est habillé pour le job, vêtu d’un pantalon et d’un pull à encolure ras-de-cou, mais avec cette absence de formalité plus typique des startups que des cabinets ministériels. Il veut rester un jeune parmi les jeunes. Un an après sa création, Volt (dont le « Manifeste » peut être consulté sur le site Internet) compte déjà 3000 adhérents. Essentiellement des jeunes européens bénévoles ou de simples sympathisants organisés en 55 équipes (européennes, nationales et locales) elles-mêmes située dans 25 pays. Ce résultat, Volt le doit à un grand travail d’organisation mais aussi à certaines règles établies en échange d’une plus grande autonomie au niveau local. En effet, l’« autorisation » du fondateur ou des dirigeants n’est pas nécessaire pour l’organisation d’événements ou de meetings dans sa propre ville. En revanche, chaque discussion interne sur des sujets et thématiques d’intérêt collectif ne doit pas durer plus de 48 heures avant qu’une décision ne soit prise via un vote en ligne, ou bien reportée à un meilleur moment pour le débat.

Entre La République En Marche! et Podemos

La formule du mouvement permet une efficacité optimale, en échange de la possibilité d’expérimenter de nouveaux formats d’implication. Habitués au travail à distance, les bénévoles et adhérents de Volt sont prêts à faire émerger de nouvelles propositions depuis la base via l’utilisation de plateformes numériques. Ils ont notamment eu recours à la plate-forme Slack, et utilisent à présent le site Workplace de Facebook. Cette plateforme est née à l’intérieur du réseau social pour faciliter l’échange d’informations et le travail de manière collaborative au sein des entreprises et des organisations. Bien qu’ils se trouvent dans des pays et à des fuseaux horaires différents, la discussion et le débat entre les membres sont facilités (Volt, aujourd’hui enregistrée sous le statut d’ONG, peut utiliser la version Premium du site Workplace et conserver ainsi la pleine propriété des données). Andrea Venzon, quant à lui, peut être défini comme un leader « aimable », intellectuel, mais également capable de s’exprimer avec des termes et concepts simples, compréhensibles par tous. Par sa fonction, il cherche à réunir des idées aussi différentes au niveau culturel qui peuvent représenter le plus de personnes possibles.

La voie politique que Volt est en train d’emprunter est loin d’être nouvelle. En Italie, on compare déjà son approche décentralisée à celle du Mouvement 5 étoiles, de Podemos ou aux expériences antérieures de démocratie directe comme celle du Parti Pirate. Pour ce qui est de son désir de moderniser la politique, son esprit européen, et pour son approche libérale de l’économie, on peut aussi facilement renvoyer Volt à En Marche!, la formation qui a porté Emmanuel Macron à la présidence. À la différence que Volt mise tout sur des idées provenant de plusieurs pays, et se caractérise par une position bien précise dans le monde partagé des « progressistes » européens. « Un terme qui n’est pas à la mode en ce moment, ajoute Andrea Venzon avec une pointe d’ironie. Mais qui est le seul dont le sens doit être gardé intact de Lisbonne à Varsovie ».

Dans la vidéo de présentation de la campagne de financement participatif, on voit surtout figurer des européens blancs et bien habillés. Lorsque nous parlons avec Andrea Venzon de l’engagement des minorités à l’intérieur du mouvement, il explique qu’« il y a encore beaucoup à faire pour réussir à les faire participer. Cette distinction dans la vidéo n’est absolument pas voulue. C’est tout simplement qu’à cette première étape, nous n’avons pas encore réussi à impliquer de manière significative les deuxièmes générations de migrants ou les ethnies minoritaires dans les pays européens, par exemple, mais c’est dans la liste des priorités ! ».

« Les jeunes peuvent puiser ce qu’il y a de mieux dans chacun des pays européens »

À court terme, Volt a pour objectif de se porter candidat aux prochaines élections du Parlement européen et de faire élire pas moins de 25 députés dans 7 pays membres. Le mouvement entend également participer aux élections nationales et locales dans le futur. « Nous ne voulons pas être un mouvement d’élites, déconnecté du terrain », déclare Andrea Venzon. Le jeune fondateur renvoie à l’histoire récente et affirme qu’il a appris des erreurs de ceux qui, comme le Parti pirate européen en 2014, avaient déjà essayé de poser directement leur candidature à Bruxelles sans s’être solidement implanté au préalable au niveau local.

Au delà du clivage droite gauche, Volt jure qu’il porte des valeurs fondamentales qui se démarquent des dérives populistes et souverainistes. Entre toutes : l’attention à l’égard des minorités et des classes les plus faibles, un renforcement du bien-être d’une façon moderne, la répartition des richesses des zones plus riches aux zones plus pauvres du continent… Le tout au bénéfice de la modernisationdu numérique et de la productivité. « Nous nous distinguons de la droite parce que nous sommes tolérants envers la diversité des personnes, et de la gauche car nous voulons rendre l’État plus efficace et soutenir l’innovation et la croissance économique », explique le fondateur.

Les premiers mois de Volt ont été marqués par un travail de recherche sur les différents aspects de la société actuelle. De la technologie à l’environnement, de la politique à la culture, l’objectif était d’identifier les solutions possibles aux problèmes récurrents et transversaux à la société européenne dans son ensemble. Solutions qu’il est possible d’appliquer au niveau local comme au niveau national. Andrea Venzon y a mis la passion et un soupçon d’inconscience, sans vouloir s’en attirer tout le mérite. « J’ai mis mon travail au service de l’équipe », dit-il. Un travail qui pourrait porter ses premiers fruits si Volt parvenait à récolter suffisamment de voix pour faire avancer la politique européenne vers une plus grande intégration et une plus forte solidarité entre les États membres de l’UE.

« Notre progressisme se base sur le pouvoir transférer les bonnes pratiques d’un pays à l’autre, en adaptant au contexte local ce qui a déjà fait ses preuves ailleurs » ajoute Andrea Venzon, alors que la pause déjeuner se termine et que les voisins de table qui ont discrètement suivi notre conversation commencent à se lever. « Nous pourrions par exemple reproduire le smart state de l’Estonie dans les autres pays européens, en accompagnant la numérisation des secteurs internes de l’économie et de l’administration publique d’un ambitieux programme de formations au numérique pour les jeunes, les personnes âgées, les classes sociales les plus défavorisées ». La transmission des compétences et des bonnes pratiques suffira-t-elle à donner un coup de boost à l’Europe ? Pour savoir, restez branchés.

Article original publié ici >> http://www.cafebabel.fr/politique/article/volt-le-mouvement-de-jeunes-qui-veut-electriser-leurope.html

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Germany’s centre left under pressure

 Germany’s centre left under pressure

 BY FEDOR RUHOSE & DOMINIC SCHWICKERT  / 21 MARCH 2018

With another grand coalition agreed, what are the options for SPD renewal?

Germany has a new government, at last. After a turbulent process, the centre-right CDU/CSU and the centre-left SPD have agreed to form yet another ‘GroKo’ (grand coalition), something that was only possible following the SPD’s U-turn on an initial promise made on the eve of the election to act as the largest opposition party. A fortnight ago, party members gave the deal a green light in a ballot.

After the collapse of the SPD vote in September’s general election, members have initiated a controversial debate on how to renew the party. Other German centre-left parties – like the Greens – have made a fresh start after the general election: with a new party leader in Robert Habeck, they will be able to start a renewal process with a new political agenda. There is much potential for the two parties to work together and discuss future common initiatives, but the SPD is currently in a difficult situation and without a strong social democratic party, there is no possibility for a renewed centre-left coalition.

In polls immediately preceding the membership ballot it was clear the SPD faces a serious dilemma: the majority of Germans think the party has the right political solutions for our times but, at the same time, most believe the SPD is not fit for government. This lack of confidence in social democratic politics is part of a persistent trend in Germany over recent decades. Across the board, the European centre left is losing elections to parties of the right and the far left, with no one presenting a good example of how to escape this electoral trap. A serious rethink will be necessary to give the SPD the reboot it needs.

Crucially, significant EU reform will be needed to stem the rising tide of populist politics in Germany. The SPD has made this a priority in the coalition negotiations, with EU reform featuring prominently in the coalition treaty as a strong signal to Germany’s closest ally – France – and its energetic, ambitious president. Defending social democratic values across the continent and social issues playing a key role in future European reforms seem more likely with the SPD holding critical portfolios in the government. In the finance ministry, Olaf Scholz will not only be responsible for allocating national resources, but will also act as a strong voice in Brussels in negotiating a post-Brexit budget and encouraging eurozone reforms. Equally important will be Heiko Maas, who has a delicate task as the new foreign secretary. He must close the rift between northern and southern members of the eurozone, following Wolfgang Schäuble’s accusations that the latter were spending too much (of mostly German taxpayers’) money. There must be an end to this finger-pointing. As Bruno Le Maire recently put it, ‘everyone has made or is making efforts, so let’s move on’. A stronger, more unified Europe can be part of the answer to the populist challenge in Germany, but whether EU reforms actually materialise will largely depend on Merkel’s successor as CDU general secretary, Annegret Kramp-Karrenbauer. If she gives in to the pressures of the hard right within the CDU/CSU in an attempt to fend off the populist AfD, EU reform may remain a social democratic dream.

In addition to the European challenge, to make an electoral comeback, German social democrats must overcome five key challenges.

First, they must regain the confidence of voters and party members, who have expressed their discontent with the SPD over recent months. They turned their back on a party whose political message was vague and unclear. This can partly be traced back to the legacy of the SPD-Green government at the turn of the millennium, when Gerhard Schröder undertook a series of labour market and social reforms that failed to resonate with the party’s traditional voters. If the SPD is to have a solid comeback, the party must address the internal traumas of the past. It will need to clear the decks and develop a more confident, forward-looking vision for a better and fairer society. This will need to include a solid plan to lessen wealth inequality and improve social mobility, two areas where social democrats have lacked profile recently.

Second, the party must continue to renew its personnel and promote diversity. In a democracy dominated by the media, party renewal is largely judged by the personalities dominating the political stage. Fresh faces will be crucial to improve the party’s image and halt the electoral downward trajectory. The new SPD cabinet members are younger and half are women, but the group still lacks diversity. No minister comes from a migrant background and only one is from the former East Germany. The party has a unique opportunity to empower over 24,000 mostly young members who joined in 2018 – but it needs the right organisational structure to do so, with new forms of participation. One idea advocated by the reform group SPD++ is to implement a youth quota, guaranteeing a bigger say for young people on the party’s boards and committees.

Third, the SPD must develop new policy ideas, with a clear sense of direction. Over recent years, the party has lost profile and, with it, many votes. Most Germans do not know what it stands for anymore. Both the SPD and CDU/CSU face similar challenges as the catch-all parties of the centre. They must find an answer to the nationalist populist of the AfD and their main task is to develop answers for people’s everyday worries. Now is the time for big ideas for regulating digital capitalism, how best to cope with structural change and the negative effects of globalisation, a response to tackle the pressures of an ageing population, and a positive migration agenda.

Fourth, the party must strengthen its campaign machine. In eastern and southern Germany, the SPD has major structural problems with areas totally lacking in party organisation. Meanwhile, with a loss of trust in SPD politics, the party finds it hard to recruit campaign volunteers across the country. A key part of renewal must involve establishing new structures in these ‘lost regions’. The SPD will need to reconnect with traditional partners like trade unions and established civil society groups, working with these organisations to develop common positions and make it clear co-operation will result in a win-win situation.

Finally, the party must establish new forms of communication – merely re-establishing old ties cannot be the whole answer. Social democrats need to establish dialogues with the new players in civil society and – even more importantly – with ‘normal’ people. Due to a loss of campaigning power, the SPD has lost contact with many social groups. Establishing new party offices in the former heartland regions will have to be part of a strategy to reconnect.

By the end of April, it is likely Andrea Nahles will take over as party leader. She will be the first female leader in the SPD’s history, sharing the office with Olaf Scholz, who is to become finance minister. Together they have access to a strong network and the ability to build a robust alliance. Their main task is to do a solid job in government and address these five key challenges facing the party. The SPD has the chance regain power by emphasising the ‘bread-and-butter’ issues of citizens’ daily lives, reaching out to former social democratic voters as well as new interest groups, and establishing new participatory structures within the party.

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