Catégories
Ça nous intéresse Sciences Société

« Covid-19 : fin de partie ? »

« Telle était la tonitruante affirmation proférée le 26 février dernier par le meilleur infectiologue au monde (selon le classement expertscape), accueillie pourtant avec scepticisme et même sarcasmes par la communauté scientifique. Trois semaines plus tard, la réalité est en train de lui donner raison. Révélant au passage que nous aurions à peu près tout faux face au virus. Ce qui est en fait une excellente nouvelle ! »

La suite sur le blog de Jean-Dominique Michel.

Catégories
Evènements Société

35 ans de décolonisations françaises

Les 6, 7 et 8 mars 2020
Le Lieu Unique et la Maison de l’Afrique (Nantes)

 
Sous la direction artistique d’Alain Mabanckou, le festival Atlantide de Nantes rassemblera près de 60 invités, venus de 25 pays. Ouvert sur le monde, Atlantide affiche l’ambition de faire se côtoyer les auteurs internationaux et nationaux, les comédiens, musiciens, critiques et éditeurs afin de partager les mots du monde et croiser leurs points de vue littéraires sur les grands enjeux de nos sociétés.
 
Pascal Blanchard, historien, membre du Laboratoire Communication et Politique du CNRS (Paris), interviendra lors de la rencontre « Sexualités, identités et corps colonisés », organisée le 6 mars 2020 au Lieu Unique à 16h30, aux côtés de Leïla Slimani, auteure de Le pays des autres (Gallimard, 2020) et François Durpaire, universitaire et historien. Le lendemain, samedi 7 mars à 16h00, Pascal Blanchard inaugurera l’exposition du Groupe de recherche Achac « Les indépendances. 35 ans de décolonisations françaises » à la Maison de l’Afrique, en lien avec l’ouvrage Décolonisations françaises. La chute d’un Empire (La Martinière, 2020) et proposera une conférence inédite autour de l’exposition. Enfin, dimanche 8 mars à 14h00, il interviendra au Lieu Unique, dans le cadre d’un débat intitulé « Lumière sur les empires coloniaux » avec Mia Couto, écrivain mozambicain et auteur de Terre somnambule (Albin Michel, 1994).
 
Autant de rencontres qui promettent d’être passionnantes dans un contexte de commémorations des indépendances en Afrique subsaharienne et de polémiques autour de la déclassification des archives militaires ayant traits, notamment, aux décolonisations.
 
Adresse : Maison de l’Afrique, 1 rue Louis Préaubert à Nantes

Catégories
Non classé

Marc Pietri

Tristesse d’apprendre le décès de Marc Pietri, entrepreneur visionnaire, fondateur du groupe Constructa. Citoyen engagé dans sa ville de Marseille comme en dehors, il a été pour les Gracques un apporteur d’idées exigeant, un compagnon de tous les grands moments , un ami tout simplement. A sa famille, à tous les siens, nous adressons nos plus sincères condoléances.

Credits : DR
Catégories
Politique

Jean Daniel , disparition d’un passeur

La disparition de Jean Daniel est aussi celle de l’un des derniers passeurs de notre temps. Passeur des idées progressistes qu’il aura incarnées tout au long de sa vie. Passeur de tolérance et de respect de la parole de l’autre. Passeur de paix, à chaque fois que celle ci était menacée. Passeur au sein de la gauche comme dans sa rédaction, passeur littéraire , passeur politique.
Passeur bienveillant entre générations.
Il a été l’un des premiers à soutenir la démarche des Gracques dans cet éditorial du Nouvel Observateur que nous republions ici avec émotion, gratitude et respect.

Voici le texte rédigé en septembre 2007 par Jean Daniel à l’occasion de la première université d’été des Gracques à laquelle participaient notamment Michel Rocard , François Chèrèque, Walter Veltroni, Anthony Giddens, Jorge Semprun, Erik Orsenna,  Jacques Juilliard, Olivier Ferrand, et beaucoup d’autres…
Un texte d’une grande hauteur de vue, à l’image de son auteur : lucide, tolérant, ancré dans l’histoire des idées, à la recherche d’un point d’équilibre entre efficacité économique et accompagnement d’un corps social fragile et fragmenté.

Message pour l’université d’été des Gracques – Jean Daniel

“Chers amis, 

J’ai déjà dit aux organisateurs de cette journée du 26 août à Paris combien était vif mon regret de ne pas être avec vous à ce moment-là, mais aussi combien j’étais heureux que vous nous ayez choisis comme partenaires et souhaités comme parrains. 

Ce n’est pas que, personnellement, je me sois trouvé d’accord avec toutes les analyses et avec toutes les attitudes de ce que j’appellerais votre  «groupe de réflexion et de pression» . Pourtant, dès l’émergence, non du calendrier de vos initiatives électorales mais de la définition de vos objectifs, je me suis senti en familiarité sinon en symbiose.

La longévité m’a permis d’assister à la naissance du Club Jean-Moulin, de la Fondation Saint-Simon et des clubs qui, dans le prolongement de la deuxième gauche et avec l’attentive caution de Pierre Mendès France, se déployaient entre Michel Rocard et Jacques Delors, comme entre Michel Crozier et Michel Albert. L’idée principale était d’épouser de manière vigilante et critique l’évolution de l’Europe, d’envisager l’éventualité de la fin du capitalisme rhénan et de s’interroger sur tous les signes d’une mondialisation en marche : en somme de mettre en route la réconciliation d’une large frange de la gauche avec la modernité. 

Politiquement, cela se traduisait non pas par des stratégies de rapprochement avec le centre – ce qui n’eût été qu’électoral -, mais par la suppression théorique comme élément de pensée du concept du centre tel que Valéry Giscard d’Estaing puis François Bayrou l’ont défini. Il s’agissait d’aborder de front, un par un, tous les problèmes dans leur singularité nouvelle, sans préjugés idéologiques et sans s’inquiéter à l’avance du fait que les éventuelles audaces révisionnistes puissent être considérées comme des reniements. 

Dans sa philosophie, cette démarche, si elle est bien la vôtre, est devenue aussi la mienne – ou la nôtre. Elle consiste, à mes yeux en tout cas, non pas à formuler une millième condamnation de la schizophrénie des socialistes, de l’incapacité où ils se sont trouvés et où ils se trouvent encore très souvent de s’adapter aux prodigieuses mutations du monde, ni de voir dans la social-démocratie – déjà dépassée aujourd’hui il est vrai – autre chose qu’une trahison libérale et un abandon des grands principes. Il s’agit de recenser – pour les vaincre ! – les motivations essentielles de l’immobilisme doctrinal et de constituer une force de propositions, et non de s’enfermer dans un statut d’opposition. 

Pourquoi les socialistes français sont-ils les seuls à avoir reculé devant la nécessité partout adoptée de faire leur aggiornamento dans le sillage du congrès de Bad Godesberg ? Pourquoi le mot de «réformisme» est-il si longtemps apparu comme une obscénité ? Pourquoi François Mitterrand, ayant à commenter le socialisme nordique, au lieu d’admirer que la Suède fût à la fois une réussite industrielle sans précédent (avec six grands groupes internationaux) et le pays au monde où la sécurité sociale était la plus attentive, efficace et omniprésente, oui, pourquoi le président socialiste français a-t-il cru nécessaire de dénoncer les compromissions des Suédois avec le capitalisme international ? Encore François Mitterrand formulait-il ce jugement mezza voce et avec un rien d’ironie. 

La question a été posée par mon ami Jacques Julliard de savoir si les socialistes français croyaient encore à leurs mythes. De même que le grand historien Paul Veyne avait prouvé que les Grecs n’y croyaient pas. Ma réponse personnelle à cette question, c’est que les gens ne sont jamais tout à fait détachés de leurs mythes, et que les légendes peuvent être tout à fait identitaires. Voltaire s’alarmait à l’idée que, prenant exemple sur lui-même, le peuple pût vivre sans religion. C’était, à son sens, lui retirer l’existence. 

Les mythes socialistes peuvent être des rites, mais ils sont très importants. On veut garder les mêmes ennemis, et la Maison du Peuple ne saurait frayer ni avec le Château ni avec l’Eglise. En tout cas, c’est ainsi qu’on a cru vivre pendant plusieurs générations, sans se rendre compte que les mythes devenaient de moins en moins identitaires, et en particulier que les classes populaires abandonnaient progressivement, un à un, tous les partis de la gauche. 

Nicolas Sarkozy a été élu par 46% d’employés et 42% d’ouvriers. Il n’a pas encore dépassé sa rivale mais, sur ce point précis, l’avantage de la droite est énorme. Comme l’écrit Christophe Guilluy à propos de la nouvelle géographie sociale et des vieilles oppositions héritées de la révolution industrielle :  «La France des ouvriers, des petits salariés du secteur privé, des revenus modestes, des précaires est aujourd’hui une France périphérique, dispersée, périurbaine et rurale. Ce ne sont plus les anciennes banlieues ouvrières qui structurent les nouvelles fractures sociales.» 

Cela est d’autant plus nouveau et grave que la démocratie française souffre d’un handicap insurmontable. Le syndicalisme y est désastreusement faible, et ne peut donc contribuer à rénover à gauche le concept de responsabilité. 

En tout cas, le jour est arrivé où la fidélité des socialistes à leurs mythes ne s’est plus révélée payante dans les consultations électorales. Tony Blair en a été conscient, avec sa transformation du Labour, mais il n’a pas été le premier. Ce sont les socialistes allemands qui ont été les plus révolutionnaires avec la pratique de la cogestion. Elle n’était possible qu’avec des syndicats très forts et tout à fait en mesure de contrôler leurs partenaires capitalistes. 

Ce qu’il y a de plus singulier, c’est que les longues cures d’opposition de la gauche (1958-1981 !) ont plutôt fait d’elle une institution où la vigilance était néomarxiste, tandis que l’on pouvait déceler dans le langage une signifiante évolution. Les «ouvriers» avaient remplacé le «prolétariat», qui lui-même avait remplacé les «travailleurs»; quant aux «patrons», ils étaient anoblis du titre de «chefs d’entreprise». Pour ce qui est des thèmes de la sécurité et de l’immigration, ils étaient traités d’une façon qui relevait d’un manichéisme idéologique et moraliste. Ce qui permet à Didier Peyrat d’affirmer que  «l’anti-sécuritarisme est un vecteur de la déprolétarisation de la gauche et que Ségolène en a fait les frais» . On a oublié, dit-il, qu’un acte révoltant n’est pas forcément un acte de révolte et que  «ce n’est pas le peuple qui est idiot en portant plainte contre l’insécurité, c’est l’idéologie négationniste qui est complètement stupide» 

C’est un grave problème qui sépare bien des experts de bonne volonté. J’ai moi-même été critiqué par mes amis quand j’ai affirmé depuis très longtemps, et je ne cesse de le faire, que la France précarisée et qui demande à être mise en mesure d’accueillir l’immigration comme à être protégée de la mondialisation n’était pas une France raciste. Permettez-moi de vous dire qu’ayant prévu et guetté depuis très, très longtemps les réactions des couches populaires sur ces thèmes, je n’ai aucunement été surpris par ce qu’on appelle la «droitisation». En un mot, je continue de penser que ce n’est pas la France qui se droitise, c’est le réel qui ne répond plus aux critères de jugement de la gauche traditionnelle. 

Le crime de Le Pen n’a pas été de soulever un débat mais de l’avoir bel et bien empoisonné. Car délivrés de leur insupportable caractère pétainiste et de leurs accents antisémites et chauvins, les discours de Le Pen rappelaient quasiment les mêmes questions que Mitterrand lorsqu’il évoquait le  «seuil de tolérance» , Giscard  «l’invasion» , Chirac  «les mauvaises odeurs dans l’escalier» , Rocard  «on ne peut accueillir toute la misère du monde mais on doit prendre notre part pour y remédier» , Balladur  «la préférence nationale n’est aucunement immorale» , sans parler de ce que Fabius avait dit le premier, au début :  «Le Pen formule de bonnes questions mais de très mauvaises réponses.» 

La droite ne s’est pas lepénisée, elle a  «défascisé» le problème, et si elle l’aborde mal, notamment avec son ministère de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, c’est plus précisément parce que nous n’avons rien fait et que nous avons laissé à la droite, ce qui m’enrage, l’initiative de confier à des femmes issues de l’immigration des responsabilités ministérielles importantes. Et je ne pense pas, au contraire, que nous ayions tiré toutes les leçons de notre insuffisance lorsque je lis les commentaires sur les malheureux discours africains de Sarkozy. Après un procès irrécusable et sans nuances de la colonisation, il a eu l’agressif mérite de proposer un débat sur l’Afrique. Je suis en désaccord avec lui mais je trouve avantage à ce que les tabous soient levés, à ce que le problème soit posé. Il mérite qu’on ne lui réponde pas avec des seules indignations incantatoires. 

Je vous préviens que dire tout cela n’est pas encore devenu innocent. Le rassemblement des antisécuritaires a créé, à l’intérieur de la gauche, une véritable hégémonie intellectuelle et sectaire. D’ailleurs, sur tous ces problèmes, la compassion relève d’une cruelle irresponsabilité dont les premières victimes sont évidemment les immigrés eux-mêmes. J’ai toujours professé qu’il était plus fraternel de se soucier du sort fait aux immigrés que de les accueillir et de les abandonner. 

Maintenant, je n’ai pas l’intention de vous infliger une analyse des nouvelles données économiques, surtout dans une période où la financiarisation du capital montre que l’argent n’a plus rien à voir avec la production des richesses ni avec la création d’emplois. Vous êtes bien trop experts en ces matières, et je me contente de vous lire. D’ailleurs, le fait que vous vous opposiez souvent les uns les autres me console de mon incompétence, sans m’empêcher d’en tirer profit ! 

Vous observerez quand même, parce qu’il me semble que ça n’est pas relevé, que la politique économique et financière de Nicolas Sarkozy ne paraît pas bénéficier de l’adhésion des grands parrains qui l’ont sans cesse aidé. Il m’est revenu que MM. Pinault, Arnault, Bolloré, Lagardère et Bernheim ne croyaient pas du tout que l’on puisse agir sur la croissance par la consommation. Ce qui fait que Sarkozy est moins dépendant du grand capital que nous ne le pensions. Et j’aimerais bien que nous nous penchions sur ce problème. C’est d’autant plus important que chaque fois qu’une manifestation de l’opposition sur tel ou tel thème n’est pas accompagnée d’une proposition constructive, alors elle fait totalement le jeu de la droite. Or, si la gauche s’oppose, elle se répète. Si la droite réforme, elle se renouvelle. Nous devrions nous interdire de faire une critique sans la faire suivre d’une proposition réaliste, crédible et populaire. 

Mais je voudrais terminer par où d’autres commencent. A savoir le sens de la mobilisation civique qui a abouti à 84% de participation électorale à l’élection présidentielle. Les meetings des trois principaux leaders étaient archicomplets, et  «l’ambiance» , comme disent avec vulgarité les organisateurs, était partout la même, c’est-à-dire «électrique», j’en suis témoin. Les trois leaders ont senti et finalement compris l’intensité du besoin de rupture avec le passé. Mais aussi un besoin de croire, parce que le peuple français a senti qu’il était en danger, que le pays perdait ses moyens et la nation, son âme. 

Les trois leaders ont intégré tout cela. Ils ont dit  «ensemble tout est possible» , ou ils ont parlé du  «désir d’avenir» . Les analyses de Ségolène Royal étaient sans doute insuffisantes mais pas fausses. Elle a compris, au moins au départ, qu’elle pouvait tout dire, qu’elle aurait pu tout dire. Sur les 35 heures, la retraite à 60 ans, le service minimum, etc. Elle a vu s’opposer à elle cette coalition des rivaux, dont tous les sondages montrent que la majorité des électeurs la considèrent comme la principale responsable de la défaite de la gauche. Ségolène avait fait les mêmes analyses que Sarkozy. Mais il lui a manqué d’être préparée avec la patience stratégique, l’imagination bondissante et la détermination grâce auxquelles, pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a forgé sa victoire. 

Tout cela doit être présent dans nos échanges, avec une seule formule : si pessimiste que l’on puisse être, si désenchanté que l’on soit devenu, si sceptiques que nous nous abandonnions à l’être, nous ne pouvons plus nous contenter d’accuser le peuple français, en nous abritant derrière la dénonciation de ses singularités, ou plutôt comme l’on dit désormais de ses «modèles».”

Première Université d’été des Gracques

Voir aussi : “En rendant hommage au journaliste Jean Daniel, le chef de l’Etat envoie un signal à l’électorat qui l’a porté en 2017.”

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/02/27/emmanuel-macron-tente-de-renouer-avec-la-deuxieme-gauche_6031019_823448.html

Catégories
Ça nous intéresse Economie Evènements

Printemps de l’Economie – Edition 2020

A l’heure où, plus que jamais, rien n’est plus simple que de diffuser des fake news, il y a une véritable urgence démocratique à rapprocher la recherche scientifique en économie des citoyens, à expliquer inlassablement encore et encore quels sont les grands enjeux tout en sachant ne pas rester sourd à leur ressenti.

P.P. Boulanger – Président – fondateur du Printemps de l’Economie

Les Gracques sont heureux de soutenir le Printemps de l’Economie qui se tiendra du 24 au 27 mars 2020. Créé en 2013 avec le soutien de Michel Rocard, cet évènement annuel contribue activement à rendre la connaissance économique accessible à tous.

Consultez le programme dès maintenant et inscrivez-vous à partir du 24 février 2020.

Catégories
Edito Europe Politique Société

VIVE LES SARDINES !

Vive les sardines ! 

Il s’est passé un événement exceptionnel samedi dernier : plus de 100 000 personnes rassemblées dans la rue pour protester !

Ce n’était pas à Paris mais à Rome. Et elles ne protestaient pas pour réclamer, elles protestaient pour défendre l’intérêt général. L’ennemi désigné n’était pas seulement la Ligue et ses alliés d’extrême droite, elles se dressaient contre la mauvaise foi, les fake news, la démagogie, la pratique systématique de l’invective et de l’insulte dans le débat politique. Et elles ont choisi pour emblème les sardines

Pour qui roulent-elles ? Pour personne. Leurs mots d’ordre sont : respect, règle de droit, bienveillance, reconnaissance de la complexité du politique, compétence dans la gestion des affaires.

Nées spontanément de l’initiative de quelques jeunes, soutenues par une avocate engagée dans les mouvements contre les discriminations, elles ont réuni en quelques jours sur les réseaux sociaux des milliers de supporters au point d’humilier à Bologne le meeting de la Ligue qui se tenait au même moment. À Rome samedi, sur une place immense, la démonstration fut encore plus éclatante.

Le choix de la sardine est un symbole d’humilité. De petits poissons qui circulent en nombre et se serrent les uns contre les autres. Leurs meetings se terminent par une chanson connue de tous : ciao bella ciao, une sorte de chant des partisans sur un rythme enlevé qui se termine par l’éloge de la liberté

Les sardines offrent à la société civile l’occasion de s’engager pour des valeurs positives et pour l’intérêt général. C’est la raison pour laquelle nous les avons rencontrées à Rome cette semaine, que nous soutenons leur initiative et espérons les aider à l’élargir au delà des frontières italiennes, pour diffuser leur message positif d’universalité.

Les Gracques



Catégories
Europe Politique

Italie et France au service d’une Europe ambitieuse

La fondation Astrid et les Gracques ouvrent une réflexion sur le rôle que peuvent jouer l’Italie et la France dans le projet européen. 

A l’occasion d’un premier séminaire dédié, les think tanks ont invité des personnalités françaises et italiennes pour en débattre. 

Parmi elles : Christophe Castaner, Agnès Pannier Runacher , Stéphane Séjourné , Pierre Person, Paolo Gentiloni, PierCarlo Padoan, Linda Lanzillotta,  Piero Fassino…. 

Franco Bassanini et Bernard Spitz dirigeaient les débats. Cette réflexion est amenée à se poursuivre en France et en Italie. 

Bernard Spitz, Franco Bassanini, Christophe Castaner, Paolo Gentiloni et Stéphane Séjourné, le 26 octobre 2019
Bernard Spitz, Franco Bassanini et Agnès Pannier-Runacher le 26 octobre 2019
Catégories
Ça nous intéresse Société

Marie Burguburu : « Balancer des “porcs” sur les réseaux sociaux, c’est attenter à la cause des femmes »

L’avocate d’Eric Brion se félicite qu’à l’issue du procès en diffamation intenté par son client, la justice l’ait emporté sur le « tribunal du Tweet ».

Le Monde. Publié le 22 octobre 2019 à 06h15 – Mis à jour le 23 octobre 2019 à 12h25 

Tribune. En choisissant de dénoncer Eric Brion, le tout premier des hommes visés par le hashtag #balancetonporc, qu’elle a créé, en octobre 2017, et qui l’a rendue célèbrela journaliste indépendante Sandra Muller s’est, en même temps, octroyé la liberté d’ôter à Eric Brion le droit de pouvoir se défendre. Et, pendant deux années, depuis octobre 2017, il s’est retrouvé seul face à un tsunami médiatique sans précédent, à une avalanche de posts, Tweet ou messages souvent nauséabonds voire haineux de la part de personnes ne le connaissant pas ou ne l’ayant jamais écouté, et estimant pouvoir prendre pour acquis les mots de Sandra Muller, femme et journaliste.

Les mouvements autoproclamés féministes ont largement participé à ce lynchage médiatique, à ce « tribunal du buzz », qui est tout sauf un tribunal, pour la seule et unique raison qu’Eric Brion est un homme et qu’il fallait faire un exemple, et qu’il est politiquement incorrect de ne serait-ce que douter de la parole d’une femme.

Un simple « dommage collatéral »

Peu importe la vérité des faits que Sandra Muller a été incapable de rapporter, et pour cause, peu importe qu’Eric Brion n’ait jamais commis le moindre harcèlement sexuel dont il a été accusé à tort par Sandra Muller [cette dernière a été condamnée, mercredi 25 septembre, par le tribunal de Paris, pour diffamation à l’égard d’Eric Brion], peu importe qu’aucun autre témoignage maintes fois promis n’ait jamais été apporté, peu importe que sa vie ait été détruite pour quelques mots grossiers, prononcés cinq ans avant le Tweet vengeur, lesquels ne sont même pas ceux dénoncés faussement par Sandra Muller, et pour lesquels il s’était excusé dès le lendemain, peu importe enfin qu’il ne soit finalement qu’un simple « dommage collatéral » de la cause prétendument féministe, comme l’a énoncé elle-même Sandra Muller.

A aucun moment, au cours de cette chasse au sorcier, n’ont été relevés les nombreuses inexactitudes et les multiples mensonges. Si les journalistes avaient enquêté sur lui et aussi un peu enquêté sur elle, peut-être auraient-ils trouvé quelques raisons de douter. Mais voilà, Eric Brion était devenu la proie des féministes, qui, aveuglées par leurs certitudes et renforcées par la réelle légitimité de leur cause, ne lui ont rien accordé, pas même l’indispensable présomption d’innocence.

« Oui, Sandra Muller a diffamé gravement Eric Brion, n’en déplaise à la condamnation arbitraire des réseaux sociaux et des tribunes médiatiques aussi agressives qu’ignorantes »

Nicolas Bénoit et moi l’avons donc défendu car, dans un Etat de droit, permettre à un accusé, même devant le seul tribunal du Tweet, de se défendre est un des piliers de notre démocratie. A l’extrême opposé des réseaux sociaux, qui tuent sans sommation ni jugement aucun. Mais nous l’avons aussi défendu car nous connaissons l’homme et le père qu’il est. Quant à Sandra Muller, elle a eu, elle, le droit à un vrai procès, elle a eu la parole et a été défendue par ses deux célèbres avocats devant un tribunal composé de véritables juges et présidé par une femme. Et ce tribunal l’a déclarée coupable de diffamation publique au terme d’une décision claire et extrêmement bien motivée. Oui, Sandra Muller a diffamé gravement Eric Brion, n’en déplaise à la condamnation arbitraire des réseaux sociaux et des tribunes médiatiques aussi agressives qu’ignorantes. L’état de droit prime sur ce « tribunal virtuel » sans relâche alimenté.

Au cours de ces deux longues années, Eric Brion a eu le courage de se battre seul, contre et malgré la meute qui hurlait et invectivait sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Il est allé jusqu’au bout quand beaucoup lui conseillaient de se taire, de courber l’échine et de laisser tomber en espérant que cela se tasse. Alors que, nous le savons bien, sur la Toile, rien ne s’efface. Je pense sincèrement que beaucoup d’hommes et beaucoup de femmes, ici et là, partout, savent ce qu’ils lui doivent aujourd’hui.

« Dénoncer quelqu’un, c’est désastreux »

Quant à l’argument sur une décision dissuasive, qui fait écho à la « procédure bâillon » [pratique judiciaire mise en œuvre par une entreprise ou une institution pour limiter la liberté d’expression et dissuader de s’exprimer dans des débats publics], seul argument de défense, s’il en est, de Sandra Muller, renversons la question : Sandra Muller avait-elle besoin de pratiquer la délation, intrinsèquement méprisable, pour servir la cause des femmes et lancer son hashtag ? Avait-elle besoin de mentir, de falsifier la vérité, en parlant notamment de harcèlement sexuel au boulot ? Avait-elle réellement besoin de le traiter de « porc » ? Avait-elle besoin d’éluder le contexte, de dissimuler l’ancienneté et de déformer à ce point les propos d’Eric Brion, d’oublier ses excuses et de le jeter en pâture à la vindicte populaire et de continuer à s’acharner sur lui pendant des mois ? Avait-elle besoin de balancer Eric Brion alors qu’elle a écrit, dans son livre[Balance ton porc, Flammarion, 2018], avoir été physiquement agressée et frappée par un acteur connu ? Pourquoi Eric Brion et pas cet acteur connu ? Parce qu’il ne pouvait pas se défendre. Parce que le business de Sandra Muller, sa gloire et sa célébrité étaient à ce prix-là.

Néfaste amalgame

A l’inverse d’une procédure bâillon, ce jugement prouve que la délation et la calomnie sur les réseaux sociaux sont condamnables et qu’il ne faut surtout pas les encourager. Dénoncer sur les réseaux sociaux des comportements sexistes, des harcèlements ou des agressions peut être utile et efficace pour bousculer les consciences, mais dénoncer quelqu’un, c’est désastreux, et le faire de mauvaise foi, comme Sandra Muller l’a fait, c’est attenter à la cause de toutes les femmes. J’ose écrire que Sandra Muller a instrumentalisé la noble cause, que je défends aussi, à son seul profit et pour sa gloire, en falsifiant une situation. C’est une usurpatrice qui a mystifié ses followers.

Car ce qui est néfaste pour la libération de la parole des femmes, c’est l’amalgame, les généralités et notamment faire croire que la dénonciation nominative sur Twitter, qui est l’un des réseaux les plus puissants du monde, est une bonne chose. Même quand les faits dénoncés sont vrais, la démarche n’est pas acceptable… Alors, quand ils sont faux, comme dans cette affaire #balancetonporc, c’est dramatique. Nul ne peut se glorifier d’être une « balance ». Cette décision de justice l’a énoncé avec force. Contrairement à ce que certains ont feint de croire, ce n’était pas le procès des porcs, mais celui des balances. On ne peut pas dire n’importe quoi sur n’importe qui, au nom d’un combat, si noble soit-il. Une cause se perd quand elle part d’un mensonge.

[Sollicité par Le Monde, Me Francis Szpiner, l’avocat de Sandra Muller, n’a pas souhaité s’exprimer]

Marie Burguburu est avocate au barreau de Paris.

Marie Burguburu  (avocate)

Catégories
Politique

Le secret de la gauche portugaise

Lettre politique de Laurent Joffrin, parue dans Libération le 8 octobre 2019.

La gauche vient de l’emporter nettement au Portugal, avec un Parti socialiste en progression d’un scrutin sur l’autre après quatre années de pouvoir. On peut considérer qu’il s’agit là d’une exception aberrante, d’un cas exotique et incompréhensible, que le Portugal vit pour ainsi dire sur une autre planète que le reste de l’Europe, où l’on prononce partout ou presque, souvent avec une joie sans mélange, la mort de la gauche de gouvernement. On peut aussi risquer une comparaison avec la gauche française, peut-être plus éclairante.

La gauche portugaise a mené au pouvoir une politique sociale à la fois réelle et raisonnable, tout en redressant les finances du pays. Beaucoup dans la gauche française pensent que ces deux objectifs sont incompatibles.

La gauche portugaise a conduit cette politique tout en respectant scrupuleusement les directives européennes. Beaucoup dans la gauche française pensent qu’il est impossible de faire les deux à la fois.

La gauche portugaise a mené une politique d’immigration claire, qui consiste à reconnaître l’utilité des nouveaux arrivants – le Premier ministre António Costa a même déclaré que le pays avait besoin de plus d’immigrants – tout en proportionnant ces arrivées aux capacités d’accueil du pays. A gauche, en France, le plus souvent, on se garde prudemment de tout éloge de l’immigration, mais on estime que la régulation des flux d’arrivants en fonction des capacités d’accueil est une idée de droite.

Les partis situés à la gauche du PS portugais ont leur propre agenda et demandent des mesures plus audacieuses. Mais ils se gardent de crier à la trahison dès que le gouvernement opte pour des compromis en la matière. En France, les partis équivalents passent leur temps à faire le procès des expériences de gouvernement passées.

La gauche de la gauche portugaise préfère un gouvernement progressiste imparfait à un gouvernement de droite. En France, on a souvent le sentiment que les mêmes se sentent beaucoup plus à l’aise dans l’opposition qu’au pouvoir, ce qui revient à laisser la droite gouverner.

La gauche portugaise, dans son ensemble, préfère l’unité à la cacophonie. La gauche française préfère se diviser dans l’invective et l’amertume.

La gauche française perd les élections. La gauche portugaise les gagne.

Catégories
Non classé

Décès de Roger Godino, membre fondateur des Gracques

Nous avons la tristesse d’annoncer que Roger Godino nous a quittés hier, mercredi 18 septembre 2019. Fondateur des Gracques, Roger Godino nous a, depuis toujours, servi de référent et d’inspiration.

Nos pensées vont à son épouse, à ses enfants et à ses proches.

Photo : Roger Godino dans la station des Arcs, dont il fût le co-créateur. (credits : unknown)